Traversée Ibiza-Gibraltar
 

Le cata juste devant (un looping) fait plus de 15 mètres
(1,4 m de plus que bulle d'o)
Un petit encas pour le soir...


Samedi 13 Octobre

En mer entre Ibiza et Cartagena. Vent 20 nœuds de NE mollissant à moins de 10 nœuds en soirée. Mer peu agitée.

Deux événements sont venus ponctuer notre journée. Le premier est notre départ d’Ibiza. Le temps s’est calmé après le déluge d’hier. Daniel me confirme par email que le coup de vent est bien passé et que nous pouvons filer sans crainte. Tout est donc au vert pour prendre la mer. Nous quittons  San Antonio contents mais avec un  capitaine un peu tendu, un capitaine qui appréhende le premier problème qui ne manquera pas d’arriver. La confiance n’est pas encore là et c’est bien normal.

Le deuxième temps fort est notre première prise avec une dorade coryphène superbe. Cris de joie et de victoire des enfants aux tintements de la clochette de notre canne de traîne. Je « chausse » mon baudrier et commence à remonter doucement le monstre. Non, ce n’est pas une fausse alerte mais bien une belle coryphène de plus de 50 cm. Maxime et Sébastien la dévorent des yeux, la mesurent, la soupèsent, la commentent pendant une bonne demi heure. Toute la fierté des deux moussaillons fait plaisir à voir.

Nous reprenons ensuite notre rythme des quarts avec joie également. Je me retrouve donc seul de minuit à quatre heures du mat, avec un vent Sud Est force 2 à 3. Bulle d’O file tranquillement à 4 nœuds dans une mer maintenant complètement plate. Le ciel est toujours somptueux. Nous sommes seuls. Là, je profite…


Les trois pêcheurs avec leur premier trophée. Pas mal non. regardez le bras de Maxime à coté
Et 54 cm²
 
Alors est ce bien une dorade?


Dimanche 14 Octobre

Deuxième nuit consécutive en mer entre Cartagena et Almeria. Vent 20 à 25 nœuds de NE. Mer peu agitée mais assez cassante pendant la nuit.

Cette deuxième nuit en mer fut plus difficile.
Difficile tout d’abord par la fatigue accumulée lors de nos premiers quarts.
Difficile parce que, avec l’enthousiasme de l’équipage, nous n’avons pas suffisamment récupéré pendant la journée. Il faut absolument que nous obligions à faire des petites siestes à tour de rôle pour que les fins de quarts soient moins somnolentes ! A retenir pour les jours suivants.
Difficile enfin par une houle devenue de travers en milieu de nuit. Pas confortable et toujours pénible d’entendre son bateau taper.

La fin de quart m’a cependant réservé un petit moment particulier. Un peu avant quatre heures du mat, un point faiblement lumineux se rapproche de Bulle d’O. Je le distingue, m’interroge, m’inquiète puis sort avec mon phare pour éclairer nos voiles et signaler notre présence. La réponse vint en premier lieu par un éclat lumineux signifiant « OK, bien vu » puis par un appel VHF en français. Le point vert est en fait un 60 pieds de course se dirigeant vers Barcelone pour prendre le départ d’une course autour du monde en équipage de deux. Notre conversation qui n’a duré que quelques minutes m’a toutefois fait très plaisir.

Notre navigation nous amène aussi à plus de complicité avec les enfants. Les activités communes comme la pêche, les jeux, les discussions en tête à tête, les dîners/revues de la journée, le partage des moments d’inquiétude créent une réelle proximité que nous n’avions pas avant. C'est une super satisfaction. Quelque chose que nous sommes probablement venu chercher dans notre voyage.


On remonte la bête
Thon rouge pêché par l'équipe Bulle d'O


Lundi 15 Octobre

Troisième nuit consécutive en mer entre Almeria et Gibraltar. Vent 10 à 15 nœuds de NE. Mer peu agitée. Temps orageux. Nombreux éclairs pendant la nuit.

Le grand moment de la journée est venu en fin d’après midi où notre deuxième ligne de traîne nous a amené la prise rêvée par tous. Après la coryphène d’avant-hier, voila un superbe thon rouge de 75 cm et près de 10 kg (estimation des pécheurs…). La sortie de l’eau se passe parfaitement. Nous voilà parés en poisson pour plusieurs jours.

L’approche de Gibraltar pendant la nuit fut aussi sportive que la pêche du soir. Nous slalomons toute la nuit entre les cargos. Le radar est alors très précieux et nous permet de mieux suivre leur route, leur cap et leur vitesse afin de ne pas jouer aux bateaux tamponneurs. Nous croisons de véritable sapins de noël, fonçant à près de 30 noeuds dans la nuit, sans trop de scrupules pour notre Bulle d’O. Mais ils veulent l’éclater ou bien !


et un Cargo
et un autre


Pour nous maintenir encore plus éveillés, la météo décide alors de nous proposer un joli son et lumière : Orages, éclairs, vent tourbillonnant. Tout ce qu’il faut pour bien régler nos voiles entre les cargos et nous rassurer pour cette troisième nuit en mer. Nous avons tout de même la joie de voir des petits dauphins nous accompagner quasiment toute la nuit, spectacle d’autant plus enchanteur qu’ils étaient très visibles car laissant des marques fluorescentes sous l’eau.

Point sur l’équipement de nuit sur Bulle d’O, obligatoire pour tous, petits comme plus grands :

  • Le gilet autogonflant
  • Le harnais
  • La lampe frontale
  • La flash light au bras
  • Les chaussures de pont
  • La veste de quart (qui porte bien son nom),
  • La VHF canal 16 (pas spécifique aux navs de nuit)
  • Le GPS,
  • La girouette anémomètre,
  • La carte électronique
  • Le radar si nécessaire,
  • La perche IOR sur le bateau,


Récupération au soleil après un quart de nuit mouvementé

idem !
Celui là est tout tout prêt
 


Mardi 16 Octobre

Arrivée à Gibraltar à 15H30 après avoir parcouru 421 milles depuis San Antonio (soit un peu moins de 6 nœuds de moyenne. Nuit au mouillage de La Linea (coté espagnol de Gibraltar)

L’arrivée à Gibraltar nous réserve un courant contraire de deux nœuds et une mer bouillonnante sur les derniers 10 milles, probablement due à la rencontre de la méditeranée et de l’Atlantique. Le vent étant tombé en fin de nuit, nous décidons de faire les derniers milles au moteur.

A 10 milles de l’arrivée, nous dépannons un voilier français à la dérive. Didier, sur Pollen était en effet en panne de diesel et se battait avec les courants contraires et la mer très turbulente depuis plusieurs heures. Nous avons reçu son appel sur le canal 16 de la VHF, dans un anglais très hésitant mais avec beaucoup de conviction. L’opération de  transfert d’un bidon de 10 Litres de diesel sur son bord s’est faite par un bout sans trop de difficulté. Une fois arrivé à Gibraltar, Didier est venu nous voir avec un grand sourire reconnaissant.


Dépannage express de Pollen en panne de diesel


Au mouillage, plus d'une dizaine de bateaux, français pour la plupart, nous ont accueilli. Nous mouillons à coté de Taugl que nous retrouvons avec plaisir.


Olivier et Artur sur Taugl., partis pour un tour du monde