Arrivée Bandol - Bilan des enfants
3 août 2008



Dimanche 03 Août

Arrivée à Bandol à 16H15

Nos derniers milles sont sportifs ; Plus de 9 nœuds de moyenne avec une mer déchaînée. Pas tendre la méditerranée !
Les derniers 160 milles sont parcourus en moins de 20 heures. L’arrivée dans la baie de Bandol se fait avec une haie d’honneur bien sympa : Christian et Franck sur Aloa 7, la famille Rastier en bateau à moteur, le reste de la famille, nos amis Vivette et Bertrand (Altaïr 2, rencontrés au Venez) et Martine à quai nous accueillent avec joie et bouteilles de champagne !

Les îles du frioul

Bulle d'O arrive au loin sur les côtes françaises

Avec une petite brise et sa plus belle garde robe
(GV + gennaker)


Bulle d'O file à 6 noeuds pour 9 noeuds de vent de travers


Les derniers milles
Les calanques derrière nous

Toutes voiles dehors

Tous sur le pont et Bulle d'O, magnifique


Bulle d'O au loin, vu de Aloa 7, venu nous accueillir


Aloa 7 avec Christian à la barre et Franck aux photos

Comité d'accueil

Avec Franck qui a sauté à bord pour nous embrasser
Nous voila passés, en direction du port de Bandol

Bulle d'O suivi par la famille Rastier venue nous accueillir


Tous sur le pont

Port de Bandol, terminus



Sourires et bulles à l'arrivée


Le comité d'accueil à terre, Bertrand et Vivette, Manou, Emma, Philippe et Martine


 

Champagne!

Alexandra souriante à l'arrivée

La joie des retrouvailles

Embrassades

Les retrouvailles avec Manou

Au prochain TDA ou TDM.....


Lundi 04 Août

St Anne du Castelet, Bulle d’O seul à Bandol…

Les retrouvailles sont bien sympas, tout tourbillonne autour de nous. Les enfants sont à la fête et sont trop fiers de faire partager un peu de ce que l’on a vécu. Le meilleur souvenir, le plus difficile, la pêche, les quarts de nuits, le CNED, les transats etc. Tout se bouscule.

J’aimerai terminer ce carnet de bord qui nous a accompagné tout au long de notre si merveilleuse année, par un mot des enfants, nous disant avec leurs propres mots, si touchants,  comment ils ont vécu leur TDA. Alors, ce TDA les enfants ?



Alexandra

Le TDA, c’est ça, tout simplement, et ça le restera toujours...

Bonheur :

n.m (de 1 bon, et heur). 1. Etat de complète satisfaction, de plénitude. 2. Heureux hasard, chance ; joie, plaisir. Nous avons eu le bonheur de la rencontrer / Au petit bonheur (la chance) : au hasard.- Avec bonheur : avec un résultat heureux. – Par bonheur : heureusement. – Porter bonheur : porter chance – Trouver son bonheur : trouver ce que l’on cherche.


Pourquoi Bonheur ?

Parce que cette année a été pour moi la signification même du bonheur, ensemble. Des moments forts, il y en a eu plus que je ne le pensais. Je m’en rends bien compte, et je sais maintenant que ce mode de vie que nous avons eu cette année est placé dans mon cœur bien au dessus de la vie normale de Buc, bien que je sois aussi heureuse (aussi, non pas dans le sens de autant, mais plutôt en tant qu’également). J’ai en effet beaucoup plus apprécié ce voyage que notre vie de routine à Paris, et c’est principalement pour cette raison que j’aimerais continuer, partir autour du monde, vivre des moments peut être encore plus intenses, et réussir à entretenir ce bonheur que j’ai tant apprécié au cours de cette année.

Complète satisfaction ? Tout t’as plu ?

Oui, même les moments durs. On y repense après coup, et l’on se rend compte que s’ils n’existaient pas, tout serait parfait, et l’aventure n’aurait plus son intérêt. Dans ce cas là, tout le monde partirait, ce ne serait plus une aventure, mais des vacances, plaisantes, je le reconnais, mais elles feraient partie de la routine. Découvrir, rencontrer, s’émerveiller, tout cela ne serait plus possible si l’on savait ce qui nous attend, comme l’on sait les étapes que nous allons faire dans un voyage organisé par une agence. Je ressens donc ce voyage comme une complète satisfaction, rien à reprocher à quiconque, et tout adoré.

Quand tu soulignes chance, dans quel sens du terme le penses-tu ?

Dans le sens, je me rends bien compte que j’ai de la chance de pouvoir vivre ces moments, d’être avec mes parents et mes frères, de voyager jusque dans les coins les plus reculés de la planète, de découvrir toujours plus de nouvelles choses, de pouvoir partir malgré toutes les difficultés que cela peut engendrer, d’être une des rares filles de 15 ans à avoir ce privilège, et même d’avoir le droit à mon bisou le soir ! Je ne considère donc pas le mot chance comme un hasard, hasard d’être partis, hasard d’avoir terminé sans problème cette aventure, hasard de ne pas avoir eu de difficultés trop dures à surmonter. Les parents ont tout fait pour que cela se passe bien, ils ont réussi, et je leur serais toujours redevable.

Joie et plaisir, à quels moments les as-tu ressentis ?

A chaque moment, chaque millième de secondes de cette année.
A chaque sourire, chaque baignade, chaque rire, chaque rencontre, chaque soirée, chaque parole, chaque discussion, à chaque instant.

Rencontrer, quelles rencontres ?

Toutes. Les rencontres d’enfants sur les bateaux, de vieux loups de mer, d’habitants, de pécheurs, de passionnés de voile, de voyageurs, mais aussi de villes, de pays, de cultures différentes, de modes de vie, et de toutes les nouvelles choses que nous avons découvertes tout au long de ce voyage. Rencontrer, aller vers les gens, leur parler, les aider si besoin comme nous l’avons fait au Sénégal, essayer de les comprendre et de se mettre à leur place, tout cela me parait essentiel pour s’adapter au nouveau pays ou à quelque chose que l’on ne connaît pas encore.

Avec, mais avec qui ?

Avec ma famille, avec notre bateau, avec joie, plaisir, envie, et tous les sentiments que nous avons éprouvés, avec les habitants, avec les Taugl, les Eagle, les Emilie, et tous les autres bateaux, avec les paysages, avec la mer, le vent, le ciel étoilé et les éléments, avec les arbres et la nature, avec les courts appels téléphonique à la famille, avec les échanges MSN, avec les coups de blues de Papa, avec les équipiers qui nous ont rejoint pour faire une transat avec nous, avec les balades, avec tout ce que nous avons aimé, fait, moins aimé, mais surtout avec notre bulle, qui nous permet de réaliser un rêve, en famille, et qui se termine dans 2 jours et demi…

Résultat heureux ? Pourquoi ?

Parce qu’on a tous envie de continuer, et que le bilan est placé au plus haut de l’échelle du positif. Nous voulons tous prolonger notre voyage, peut être avec un tour du monde. C’est en tout cas l’option que je préfère. Revivre un, deux, trois, cinq ans comme celui-ci est pour moi le sommet de mes rêves, et ni les coups durs, ni les possibilités pour que cela se passe mal, ni le fait de ne jamais aller au lycée, ni la famille que l’on ne verait malheureusement qu’une fois par an, ni tout ce qui pourrait empêcher ce départ ne m’arrêteront dans ce rêve, car ils sont trop insignifiants comparé à ce que ces années pourraient représenter pour moi, et, je pense, pour tout le reste de l’équipage qui s’est embarqué dans cette aventure.

Trouver ce que l’on cherche, qu’avez vous trouvé ?

Le bonheur, pur et simple.


 

Sébastien

Le 03 Août 2008, quelques heures avant notre arrivée à Bandol

Mes Impressions du TDA

Ce TDA m’a beaucoup plu. Ce que j’ai aimé ? Vivre sur un bateau, passer des supers moments tous les cinq (apéros-palabres avec discussions animées, navigations, tarots…), aller dans des pays tous différents et tellement sympas à découvrir (Sénégal, Vénézuela…), dans des îles paradisiaques (et presque désertes !) où l’on peut faire du snorkeling et profiter de la vie en famille (!), rencontrer des personnes intéressantes et sympas (locaux, bateaux amis, loups de mers…), être hors du temps, de la grisaille parisienne…

Grâce au TDA, j’ai appris la voile et ça m’a beaucoup plu. Durant tout le voyage, j’ai approfondi mes connaissances sur  la voile, le bateau et son entretien. Et petit à petit, papa et moi avons progressé grâce à l’expérience que l’on a acquise, grâce aux conseils des uns, des autres. Cela m’a plu et j’ai aimé découvrir en même temps que papa, réfléchir et mûrir ensemble les décisions à prendre (avec l’équipage, tout de même!), partager nos avis, progresser ensemble dans les problèmes du bateau et les résoudre. Cela a créé en partie une complicité entre tous les membres de l’équipage et je trouve ça très sympa.
Pareil pour le réglage du bateau et des voiles en navigation : c’est très satisfaisant de se voir progresser et de voir Bulle d’O se comporter de mieux en mieux ; et la gestion de l’électricité du bord (et de l’eau).

Lors des grandes navigations, par exemple transatlantiques, nous avons le temps de faire ce qui nous plaît et j’apprécie beaucoup ! Au programme : tarots, lecture, bronzage, jeux de société, apéros sympas devant le coucher de soleil magnifique, baignades dans la grande bleue, CNED… (Eh oui !) Cela m’a plu de découvrir le CNED, d’apprendre à être autonome pour travailler : très bonne expérience. J’ai aussi aimé découvrir la pêche et la pratiquer : les prises de poissons restent de supers souvenirs.
Je trouve super d’avoir pris des équipiers (H.Vert et Yoda). Cela nous a beaucoup aidé lors des transats et ils étaient supers sympas.

La famille et mes amis m’ont manqué et je suis content d’arriver tout à l’heure à Bandol, même si cela traduit que le TDA est fini. C’était une superbe aventure et je suis heureux d’avoir eu la chance de pouvoir la vivre. Merci beaucoup les parents !



Maxime

Ce que j’ai préféré :

Être avec les parents toute la journée
Les paysages
Les navigations
Les contacts avec les habitants des différents pays que nous avons visités
Le Cned
Les plongées car j’ai découvert plein d’espèces de poissons
La pêche : c’est une des activités que je préfère
Les apéros qui sont très sympas
La transat et les équipiers Haricot vert et Yoda !
Pouvoir prendre son temps: je pense que c’est aussi pour prendre son temps que nous avons fait ce TDA
Les quarts de nuit avec Alex où on écoute de la musique sur une mer plate ou agitée, je trouve ça super !
Les créatures observées : Les dauphins, les baleines, les caïmans et les anacondas.

Mes escales préférées :

Sénégal grâce au contact avec les gens et à la beauté des paysages
Vénézuela grâce aux paysages et aux animaux.
Açores car les îles que on a visitées étaient très sympas

Ce que j’ai le moins aimé :

Être loin de la famille et des amis car ils m’ont manqué
Les problèmes du bateau : L’équipage était tendu quand il y en avait.

Les escales que j’ai le moins aimées :

Le cap vert car ce n’était pas très beau et que l’air était chargé de sable. Mais aussi parce qu’on avait pas le même contact avec les habitants.
Les Antilles parce que c’était trop touristique même si c’était beau.

Ce que je pense du TDA :

Je pense que le TDA a été une très bonne expérience pour moi. Cela m’a beaucoup  plu et je ferais volontiers un TDM après un an passé en France avec la famille et les amis ! Une de mes plus grandes envies était de voir beaucoup d’animaux marins tout comme terriens et je suis très satisfait de ce que j’ai vu.
Pendant cette année, la famille m’a manquée et je suis très pressé d’arriver à Bandol même si cela signifie que le voyage est fini. En tout cas c’est sûr, sur les onze années que j’ai vécu, celle-ci est ma préférée !


Samedi 09 Août


Ste Anne Le Castellet, Bulle d’O à Bandol

Retour sur terre - Nous nous réadaptons (pour le moment) sans difficulté. Il faut dire que nous sommes bien entourés et que nous passons également beaucoup de temps sur Bulle d’O. Il faut se désintoxiquer doucement, progressivement.

Nous avons complètement déchargé Bulle d’O de toutes nos affaires: vêtements, livres, cours du CNED, avitaillement (il devait encore nous rester un mois de stock), outils, électronique (photos, vidéo, imprimante, ordi…). La ligne de flottaison de Bulle d’O a remonté de plusieurs centimètres ! Ensuite, nettoyage complet (il faut le faire beau pour les visites et essais en mer), remise en état du génois avec une ralingue toute neuve (Philippe Blanche à Bandol, très pro et très sympa en plus), commande d’un tube d’enrouleur Profurl pour remplacer celui qui s’est abîmé entre Les Acores et Gibraltar.

Bulle d’O est prêt à repartir. Alors pourquoi le vendre ? Les rêves de vieux marins nostalgiques sont toujours bien présents mais il ne faut pas réfléchir…Suivre le chemin de la reprise sans gamberger, tête baissée.

Mercredi 13 Aout

Ste Anne Le Castellet, Bulle d’O à la Ciotat, chantier d’Alain Gabay – Sailing concept


Entretien Bulle d’O

Nous continuons à bichonner Bulle d’O, un peu comme si nous repartions dans quelques semaines. Nous l’avons démâté hier pour une vérification complète du gréement et aussi comprendre pourquoi le mât grinçait sous certaines allures (au près). Cela n’était en fait dû qu’à un peu de graisse venue se glisser entre la rotule et le coussinet. Tout le gréement est en parfait état. Nous en profitons également pour démonter l’enrouleur de génois et changer le tube défectueux. Beaucoup de boulot mais à faire pour un bon entretien de Bulle d’O. Nous y tenons beaucoup. Nous re-mâtons aujourd’hui.


Première étape, la baume est soulevée
puis enlevée par la grue

Seb s'apprête à monter au mât pour fixer les sangles

Fixation de la sangle qui va soulever le mât

Le mât se soulève doucement...


... puis se déplace latéralement


...et nous reposons le mât sur de gros
cubes en polystyrène

Bon boulot Seb



Vue du pied de mât qui repose sur le coussinet blanc que nous changerons par précaution



Vendredi 15 Aout

Ste Anne Le Castellet, Bulle d’O à la Ciotat, chantier d’Alain Gabay – Sailing concept

Bulle d’O est maintenant re-mâté. Merci à Alain Gabay qui a orchestré le tout et fait un super boulot. Sébastien l’a secondé admirablement en grimpant au mât à plusieurs reprises pour fixer les sangles de levage et débrancher l’électronique de haut de mât. On va en faire un marin de ce petit… Il nous reste juste une petite demi journée de travail avec Seb pour finir de remettre la GV.

Nous avons donc vérifié complètement le gréement : mât, baume, vit de mulet, pied de mât, rotule, coussinet, haubans, étai, enrouleur de génois démonté, nettoyé, graissé, remonté.
Commentaire final d’Alain Gabay : « Le gréement est en parfait état, le mât et la baume sont superbes ».

Nous sommes toujours à Ste Anne Le Castellet avec les enfants, chez Manou. Nous laissons finalement Bulle d’O à La Ciotat jusqu’au 23 Août dans le chantier d’Alain, avant de le remonter à Port Saint Louis où nous le mettrons à terre.

Nous avons une pensée pour Taugl - Olivier, Carmen, Arthur et Zoé qui continuent leur périple (à Panama actuellement) et une autre pour Eagle – Christian, Isabelle, Lucie et Thomas qui se sont séparés de leur bateau (vendu) et ont déjà repris le travail. Courage !

Et la reprise ?…

Nous sommes mentalement dans la préparation de notre reprise, le 01 Septembre pour Cath et le 19 Août pour moi. Nous remontons donc à Buc dimanche. Pas le temps de réfléchir, mardi matin de retour au bureau…loin du grand large mais prêt à repartir vers de nouveaux horizons.