Saint-Martin
Préparation transat retour

Marigot Baie à Saint Martin



Mardi 27 mai

Saint-Martin, Baie de Marigot

Galère ?

La matinée pour moi est passée très rapidement, dans les bras de Morphée, pendant que le reste de l’équipage s’activait et rangeait le bateau. Quel équipage remarquable. Je suis trop fier !

La « To Do list » s’est donc allongée pendant nos 3 jours de nav:
Le point de fixation du gennaker, le problème sur le moteur tribord (Après vérification tout à l’heure, la batterie affichait un 9 volts très antipathique, ce qui expliquait probablement hier soir le non fonctionnement du compte tour), un autre problème sur le générateur qui s’ éteint au bout de 10 minutes de fonctionnement avec le chargeur de batterie (énigme pour le moment, mais à résoudre avant notre transat), deux poulies de bosses de ris HS (vu ce matin), les écoutes de génois à changer (usure normale)…On ne va pas chaumer en attendant Jacques qui va nous rejoindre le 31 Mai.

Cela me rappelle la phrase entendue sur les pontons :
« Le bateau a deux états : un état instable et un état stable. L’état stable c'est quand on a des problèmes, l’état instable c'est quand tout va bien !

Des nouvelles des copains de Tortuga

Olivier et Carmen nous ont appelé hier, ils n’ont passé que quelques jours aux Roques et filaient aujourd’hui pour les Aves. Eux aussi ont encore La Tortuga en tête, sa beauté et son authenticité sont dures à remplacer. Nous pensons souvent à eux, à leurs personnalités que l’on aime tant, à leur richesse (!), à leur bateau préhistorique, et à leur choix de vie.
Al et Joan sont eux à Puerto La Cruz en train de ranger Break and Run avant de rentrer chez eux aux USA.
Bertrand et Vivette ne sont probablement pas loin, à Puerto La Cruz également dans l’attente de la confirmation de la vente d’Altaïr. On pense aussi bien à eux et on croise les doigts.
Eagle est à Saint-Martin depuis dix jours. Christian et Isabelle vont finalement rentrer en France par la mer, probablement en même temps que nous. Super, on va sûrement faire au moins un petit bout de transat ensemble (nous devrions les semer rapidement, n’est ce pas Christian!)
Thierry et Sylvie sont eux restés à Tortuga et devraient y rester un bon moment avant de rentrer en France passer l’été.
Merci encore à Thierry pour avoir su réparer à la fois notre pilote et notre dessal avec beaucoup de maîtrise.


Fêtes des mères et des pères sur Bulle d'O


Contents de nos cadeaux

Merci les enfants...



Mercredi 28 mai

Saint-Martin, Baie de Marigot

Nous retrouvons aujourd’hui nos copains  d’Eagle qui reviennent de Saint Barth. La transat se prépare pour eux également avec leurs lots de problèmes techniques. C’est rassurant ! Nous sommes décidemment tous logés à la même enseigne.


On retrouve nos copains les Aiglons (Eagle)

 

Blanchiment d’argent ?

Nous plongeons dans nos boites email avec le retour à la vie connectée. Des tas de messages, toujours sympa à découvrir.
Multicoque Mag me confirme que nous allons avoir un méga article dans le Hors série à paraître fin Juin. 6 pages sur notre périple avec en trame de fond un « comment voyager utile ?» qui met en avant notre mission au Sénégal par l’intermédiaire de Voiles Sans Frontières.
Ensuite, beaucoup de relances ou demandes de dossier pour la vente de Bulle d’O. Nous avons même une offre ferme d’un espagnol qui souhaite nous l’acheter le prix fort mais en cash avec paiement pour 50% au Venez… Nous ne donnons bien sûr pas suite. Que faire avec une telle somme en cash Euros dans ce pays si peu sûr ?.



Alexandra la trapéziste

Vérification d'avant transat en tête de mât

Bulle d'O va bien, même vu de tout en haut




Jeudi 29 mai

Saint-Martin, Baie de Marigot

Les Antilles, loin du Vénéz

Nous progressons à vitesse Grand V dans la compréhension et la résolution des problèmes techniques. Il faut dire que nous partions d’un peu loin ! Toujours est-il que les problèmes de compte tour, de batterie, d’alarme moteur et même de générateur peuvent se simplifier en un seul : le répartiteur a un disfonctionnement qui empêche la batterie du moteur TB de charger. La batterie est donc HS, ce qui provoque toutes ces petites pannes. Maintenant le problème identifié, la réparation devrait être beaucoup plus simple !
Gros avantage de Saint Martin, de gros shipshandlers sont installés sur l’île (Budget Marine et Island Water World en tête) et toutes les pièces détachées sont disponibles. Nous sommes à des années lumières du Vénézuéla. En deux coups de clef de 10, j’ai pu rapidement inverser les câbles du régulateur et brancher la sortie de la batterie tribord sur la sortie des batteries de service. La batterie a immédiatement retrouvé son tonus et se stabilise à 12,5V.

Concernant notre cadène de fixation de la drisse de gennaker, Alucarbon me rassure en m’expliquant précisément comment réparer simplement, beaucoup plus simplement que ce que nous craignions. Superrrrrr.
Alors, il nous reste quoi encore ? Des joints de capots à changer (easy), des hublots de survie à sceller ou consolider (notre mésaventure du golfe de Cariaco ne doit pas se reproduire), les écoutes de génois à changer (prévention), un palan à monter pour notre écoute de GV (simple aussi, il me faut acheter une poulie hors de prix !), deux poulies de bosses de ris à changer (idem, question de pépètes) et enfin vérifier toutes les drisses, écoutes, poulies, étai etc. Rien de bien méchant.

Le retour dans les Antilles nous sort un peu de notre rêve vénézuélien où la vie est à la fois intense et hors du temps. Nous retrouvons à Saint Martin la valse des grains qui vient nous arroser copieusement et régulièrement. Ensuite, nous retrouvons ici la société de consommation avec de nombreuses boutiques de luxe (Saint Martin est un port franc), supermarchés et autres méga shipchandlers (pour notre plus grand bonheur). Nous retrouvons une essence à un prix que nous avions presque réussi à oublier en deux mois de Venez. 0,90€ le litre de diesel soit le prix pour plus de 100 litres au Venez.



Mise en place de la nouvelle écoute de génois par Seby

Essai de prise de 3ème ris au mouillage

 


Vendredi 30 mai

Saint-Martin, Baie de Marigot

Pourquoi un équipier pour la transat ?

Ce soir nous accueillons Jacques, notre copain et équipier pour la transat.
Pourquoi avoir recherché un équipier pour ce trajet alors que nous avons déjà navigué de nombreuses fois tous les cinq, sans problème, sans trop de fatigue, avec une bonne gestion des quarts de nuits (toujours très sympas). Principalement parce qu’une transat, c’est deux à trois semaines de mer, sans aucune possibilité d’escale ou d’assistance en cas de pépins. Alors dans ces conditions, un adulte supplémentaire peut être un atout important dans le bon déroulement de cette aventure et parer un problème de santé du capitaine, une panne mécanique (le pilote ?), une météo infernale…

Le choix de l’équipier n’est pas un choix simple. Cela est bien connu, en bateau, il n’y a que très peu d’intimité et il est quasi impossible de cacher sa vraie personnalité, ses cotés qui peuvent être un peu pénibles pour les autres, au-delà de quelques jours de mer. Nous connaissons finalement assez peu Jacques mais nous n’avons que peu hésité à lui proposer de partager cette expérience avec nous. Nos séjours de quatre jours en stage de voile ensemble puis quelques soirées partagées à Paris ou à Umpeau auront suffi à nous convaincre. Question de feeling. Cette traversée nous permettra aussi de bien mieux nous connaître. Un attrait supplémentaire.

 


La cabine de Jacques est prête

Arrivée du Père Noël sur Bulle d'O et une nouvelle réserve de bouquins


Seb et Max en pleine lecture


Samedi 31 mai

Saint-Martin, Baie de Marigot


Radio Bulle d’O – Jacques

Quelles sont tes motivations pour faire une telle transat ?

La transat, c’est comme le marathon de New York pour les joggers, tous les passionnés de voile ont dans leur tête de la réaliser au moins une fois dans leur vie. Alors quand les Rousseau me l’ont proposée autour d’une coupe de Champagne en Juin 2007, c’est resté dans le coin de ma tête. Quand ils m’ont confirmé le projet, je n’avais plus qu’à franchir le pas. 


As-tu des craintes particulières ?

Celui qui va traverser l’Atlantique sans crainte est un malade ou un prétentieux qui devrait apprendre l’humilité. Des craintes mais pas de peur irraisonnée.
Ce que je crains avant tout c’est l’état de la mer. C’est elle qui rend la navigation à risque, de même qu’une mauvaise météo rend une course en montagne infaisable.

Comment s’est passée ton arrivée sur Bulle d’O ?

Ça a été très simple. Vol Air Caraïbes Paris Point-à-Pitre puis Point-à-Pitre Saint-Martin avec des avions à l’heure et pour finir trajet en annexe pilotée par Maître Sébastien depuis l’aéroport. Comme taxi navette cela restera à mon avis assez unique !

Mon intégration à l’équipage de Bulle d’O n’a pas été bien compliquée. L’accueil a été chaleureux comme je m’y attendais. Depuis 9 mois qu’ils naviguent ensemble, chacun a son poste bien déterminé et je n’ai qu’à me glisser dans leur mode de fonctionnement, trouver une petite place pour leur apporter une aide complémentaire qui finalement a pu s’avérer bien utile quand le guindeau est tombé en panne !

On reparlera de mon rôle au moment des premières navigations transatlantiques.


Soirée champagne sur Bulle d'O avec Christian (Eagle), Christophe (Harem), Jacques, Isabelle (Eagle) et Catherine


Dimanche 01 juin

Saint-Martin, Baie de Marigot

Radio Bulle d’O – Alexandra

Comment prends tu le fait de finalement ne pas prolonger d’une année ?

Je suis plutôt déçue. J'aurais bien aimé vivre encore un an d'aventures.
Reprendre la vie de Buc ne me tente pas trop, enfin si... juste pour revoir famille et amis. Bien sûr, je comprends les raisons de la « non prolongation » mais je ne suis pas tout à fait d'accord, sauf pour une (démissionner n'est pas facile). Le risque qui inquiète les parents principalement (une deuxième année qui se passe mal) n'a qu'une infime chance de se réaliser, et la majorité des autres raisons sont beaucoup basées sur des « Si jamais ». Je pense plutôt que c'est le moment, après, c'est trop tard : le CNED en 1ere S risquerait d'être difficile et encore plus la terminale pour moi par exemple. Bien sûr, je continue de batailler pour poursuivre : il y a peut être encore un espoir… En fait, c'est surtout que je ne veux pas rentrer, mais que je comprends aussi que les parents ne souhaitent pas prendre de risques, bien que je ne sois pas d'accord.

 


A peine arrivé, Jacques au boulot sur le pont en teck: les joints sont nickels!

Seb aux joints du pont


... avec Cath, tout sourire, toujours au boulot


Lundi 02 Juin

Saint-Martin, Baie de Marigot

La confiance, indispensable confiance

Notre transat se rapproche à vitesse grand V. C’est à la fois très excitant et très flippant. Très excitant de se placer à quelques jours d’une si belle aventure, flippant de se dire que nous prenons le chemin de retour, fin annoncée de notre TDA.

Nous consacrons toutes nos journées à la préparation de Bulle d’O et de nos 20 jours de mer. Nous sommes rentrés ce matin dans le lagon de Saint-Martin, avons passé le pont à bascule à 08H15 et avons « travaillé » toute la journée au chantier KFG coté Hollandais afin de re-fixer la cadène de gennaker en tête de mât. L’opération s’est parfaitement déroulée. Notre gennaker est maintenant de nouveau opérationnel. Nous en avons profité pour checker tout notre accastillage, du tout en haut du mât jusqu’aux cadènes de hauban. Ouf, RAS, tout va bien. Indispensable de faire une telle vérification approfondie avant de prendre la mer, indispensable pour notre sécurité mais aussi pour notre confiance à bord, élément primordial pour notre confort à bord, pour notre sérénité par mer un peu formée, par vent qui fraîchit, par nuit agitée….

 


Passage du pont de Saint Martin
pour entrer dans le lagon

Seb en tête de mât

Chris avec Sébastien,
en train de checker notre accastillage

Max, accroché tout en haut!


Nouvelles poignées en Alu pour nos panneaux de survie



Il fait trop chaud pour travailler....



Mardi 03 Juin

Saint-Martin, dans le lagon

Sébastien, prêt pour ta deuxième transat ?

Presque ! Nous nous préparons doucement pour la transat retour. Il nous reste quelques réparations, l’avitaillement, un peu de rangement et on est prêt ! La préparation est relativement rapide puisque les parents, Jacques et moi travaillons sur le bateau toute la journée. Eh oui,je n’ai plus de CNED !
Je suis pour ma part prêt pour cette transat. J’ai même hâte ! La météo semble bonne, juste assez de vent pour avancer sous gennaker et  pouvoir pêcher ! Je trouve aussi super que Bernard puisse nous router (les conditions météo seront plus complexes qu’à l’aller)

Aurais-tu toi aussi aimé prolonger ton TDA ?

Oui, j’aurais beaucoup aimé ! Je comprends par contre tout à fait les raisons de ne pas continuer des parents. Je suis donc content de faire la transat retour, de visiter les Açores et de faire la remontée de la Méditerranée.

Quel est ton meilleur souvenir sur cette deuxième moitié de voyage ?

Le Vénézuela restera mon meilleur souvenir des caraïbes. J’ai beaucoup aimé le contact avec les pêcheurs (et les personnes en général), le snorkeling, la pêche sous marine, les balades sur les îles, les beaux paysages, l’intérieur des Terres...


Avitaillement à quelques jours de notre départ de
Saint-Martin


Avitaillement d'avant transat, tout le monde met la main à la pate sous la houlette de Catherine

Cath à la désinfection, Maxime au rangement



Mercredi 04 Juin

Saint-Martin, dans le lagon

Bulle d’O est quasi prêt maintenant. Tout ce qui devait être réparé l’a été. Il ne nous reste plus qu’à changer le guindeau qui est arrivé en bout de course et à réparer 4 transistors de notre répartiteur de charge. Tout ça devrait être fait demain ou au plus tard Vendredi.

Bernard nous dit que les conditions météo seront très clémentes Samedi ; Vent de 10 à 15 nœuds de Sud Est, ce qui nous permettra de prendre un cap plus Nord Est. La première semaine de la traversée devrait être très cool. Ensuite, on verra bien ce que le ciel et la mer nous réserverons.

Nous avons eu des nouvelles par email de Christophe (Harem) qui est parti de Saint-Martin en direction des Acores il y a trois jours. Il avance bien. Eagle part finalement demain matin. Nous nous retrouverons à Flores ou à Horta et resterons en contact par email satellite tout au long de notre navigation.

Jeudi 05 Juin

Saint-Martin, dans le lagon

Nous n’avons malheureusement pas profité de Saint Martin. La préparation de notre transat nous occupe tous à plein pot. Sébastien « travaille » avec nous, nous accompagne dans toutes nos démarches et forme un binôme attendrissant avec Jacques. Max et Alex profitent eux de Thomas et Lucie avant leur départ (ils sont partis ce matin), Max et Thomas étant dans leurs mondes fantastiques de quêtes (inspirées par les livres Ewilan ou les Chevaliers d’Emeraude), Alexandra et Lucie papotant, faisant les boutiques de la marina, préparant des cookies ou allant chez le coiffeur pour « réparer » leurs beaux cheveux abîmés par le soleil.

Nous sommes allés chercher ce matin un nouveau guindeau à « Island Water World » et l’avons installé dans la foulée. Il nous reste encore mille choses à faire avant de partir. Tout va bien. L’équipage est en pleine forme et l’ambiance à bord est au beau fixe.

Vendredi 06 Juin

Saint-Martin, baie de Marigot

Nous partons donc demain matin. Le bateau est nickel, l’équipage serein. La météo semble favorable pour la première semaine de navigation. Bernard nous contactera tous les jours pour nous tenir informé de la météo et de la route à suivre, Francky nous enverra lui tous les jours les résultats de l’Euro de foot sur Iridium.

Bye bye les Antilles, nous rentrons en Europe !