Vénézuela
Margarita
, Mochima, Cumana et Golfe de Cariaco



Margarita

Mercredi 19 Mars

Porlamar, île de Margarita – Vénézuela

Découverte de Margarita et de ses dangers

Tout d’abord, la baie. Elle est plutôt…moche car entourée de plusieurs barres d’immeubles dénaturant complètement le site. L’eau est cependant très claire et l’accès à terre est facilité par un ponton à « dinghy » d’accès libre et mis à disposition par Juan.
Juan est le personnage quasi incontournable pour les navigateurs arrivant à Margarita. Pour quelques bolivars, il s’occupe des formalités d’entrée auprès de l’immigration et des douanes et offre de plus tout un tas de services (buanderie, navette gratuite pour les centres commerciaux de la ville, renseignements en tout genre, il est quadrilingue…). L’homme n’est pas apprécié par tous car profitant semble t- il beaucoup de sa situation. Pour notre part, nous ne l’avons pas encore rencontré.

La ville de Margarita est à première vue grouillante, pleine d’activité, avec de très nombreuses boutiques, supermarchés et centres commerciaux modernes. Le contraste est pour nous saisissant avec Les Testigos bien sûr, mais aussi avec les Grenadines.

Ensuite, nous découvrons les très nombreux policiers sillonnant les chaussées, allant jusqu’à l’intérieur des centres commerciaux et supermarchés, tous équipés d’un imposant gilet par balle et armés jusqu’aux dents. Très impressionnant.
L’insécurité ici semble faire partie de la vie de tous les jours. Toutes les personnes que nous croisons et qui sillonnent le venez depuis longtemps nous couvrent de conseils et recommandations sur ce que l’on peut faire et ne pas faire. Par exemple, ne pas aller au shipchandler à pied (il est pourtant à quelques minutes), prendre un taxi impérativement. Autre exemple, tout autre mouillage que celui de Porlamar (ou nous sommes) est fortement déconseillé. Les actes de piratage y sont quasi garantis (attaques à main armées sur le bateau).Ambiance !

 


Margarita, une escale surtout valable pour ses centres commerciaux

Notre ami le pélican, toujours là


Jeudi 20 Mars

Porlamar, île de Margarita – Vénézuela

La découverte du Vénéz

Autre particularité au Vénéz, le change. Il y a un marché noir qui offre un taux de change deux fois plus favorable et qui rend la vit ici très peu chère. Pour changer, il faut cependant trouver la bonne boutique, le bon restaurant que cela intéresse. Les indications sur « comment faire » circulent aussi sur radio ponton : aller place Bolivar, demander aux commerçants libanais, aller dans telle bijouterie, tel restaurant… Il faut ici également être très prudent et ne surtout pas changer dans la rue.  Un couple de belge rencontré hier nous a avoué s’être fait roulé et avoir perdu 900 € il y a deux jours, malgré leur très bonne connaissance du Vénéz (cinq années de navigation ici).
Cela nous prendra toute la matinée pour trouver le bon filon et changer nos euros en bolos (Bolivares), d’abord à 5500 bolos pour 1 euro dans différentes boutiques puis à 6000 (le taux officiel est lui à 3500) dans un restaurant bondé de la ville. Le patron attend alors le bon moment puis m’invite très discrètement à le suivre au fond de la salle, dans son bureau, à l’abri des regards. Catherine et les enfants, pas du tout impressionnés mais très curieux de ce manège, restent au comptoir à siroter un jus de fruit. Je ressors quelques instants plus tard ma ceinture pleine de billets de 20 000 bolivares.



Vendredi 21 Mars

Porlamar, île de Margarita – Vénézuela

Le temps des corvées!

Les escales avitaillement sont toujours un peu galères. Afin de limiter le temps passé dans ces endroits moins idylliques (c’est le cas ici), nous passons le plus clair de nos journées à courir après les supermarchés, internet, buanderie, shipchandlers, change, rechange car trop dépensé, plein d’eau, idem pour le diesel, re re change, bouclage et postage du cned…tout cela maintenant considéré comme de vraies corvées. Un petit apéro tout de même sur un bateau voisin, un plongeon dans les eaux turquoises car le temps est très chaud en journée, une grillade de thon à midi (celui pêché entre les Testigos et Margarita). Tout n’est pas noir non plus !

Mes principaux points d’attention du moment :

  1. Le pilote automatique en rade (à démonter demain avec l’aide de Christian qui a eu un problème similaire avant de partir sur le sien).
  2. L’insécurité actuelle au Venez, non visible dans les rues de Porlamar mais dont tout le monde parle. Nous sommes donc en permanence sur nos gardes et briefons scrupuleusement les enfants sur cette question
  3. Les connexions web et téléphoniques ne sont pas bonnes ici. Dur de répondre rapidement aux questions posées par les personnes intéressées par l’achat de Bulle d’O (annonce parue sur Multicoque magasine et qui suscite semble t-il des intérêts), difficile de mettre à jour notre site régulièrement (oui Adeline tu as raison !), frustrant de ne pas pouvoir rester en contact avec notre entourage et avec nos collègues et amis de Sodexo (la peur de l’oubli sûrement…)
  4. Le fait d’avoir choisi l’option de ne pas faire de formalités d’entrée ici nous met dans l’obligation de ne pas rester plus de trois ou quatre jours. Juan, « Monsieur formalités » pour les voyageurs comme nous, nous le fait savoir très directement.  Nous partirons donc dimanche matin pour Coche, une autre île toute proche.

Samedi 22 Mars

Porlamar, île de Margarita – Vénézuela

Nouvelle journée corvée qui se termine tout de même par deux rencontres bien sympas avec les familles Yallingup (Frédéric, Catherine et leurs trois enfants Pablo, Tiphaine et Corentin; voir leur site) et Enswann (Sophie, Marc et leur deux enfants Enzo et Swann). Yallingup fait un TDA (Tour de l’Atlantique) et Enswann vise la Nouvelle Calédonie où ils souhaitent s’installer.
Nous découvrons un restaurant bien typique de Margarita et passons ensemble une super soirée.

Yallingup et leurs trois enfants



Coche


Dimanche 23 Mars

De Porlamar à l’île de Coche – 16 milles

Tiens, une journée galère !

La courte navigation se passe sans encombre mais avec beaucoup d’attention (et de tensions !) dans ce coin que l’on présente comme très chaud. La « guardia civil » est cependant bien présente et contrôle les allers et venues de certains bateaux. Il y a en effet beaucoup de trafic autour de nous avec des ferries qui relient le continent à Margarita, des tankers et beaucoup de pêcheurs.

Nous arrivons à Coche en fin d’après midi. Le royaume des « Kyte surfers » et des véliplanchistes porte bien sa réputation. Il y a en partout !  le résultat est très moyen pour nous. Il y a longtemps que nous n’avions pas eu un mouillage aussi peu sympa : 25 nœuds de vent, une eau trouble (du fait de la grosse houle arrivée il y a quelques jours et qui a remué toutes les eaux des environs) et une île plutôt inhospitalière. Ajoutez les problèmes avec le pilote auto et le tout récent avec notre dessal qui ne veut pas démarrer, ce n’est pas vraiment une bonne journée. Heureusement Eagle nous invite à prendre l’apéro et nous remonte le moral. Christian m’assure que le problème du pilote est purement mécanique et que la réparation sera assez simple à réaliser avec un mécano digne de ce nom. Je veux le croire, je veux le croire, je veux le croire….

Ile de Coche: du vent et des kytes surfs



 

Mochima

Lundi 24 Mars

De Coche à Mochima – 50 milles. Vent très variable de 25 nœuds à pétole. Mer très belle. Navigation très agréable et très rapide. Nous quittons Coche à 07H30 et arrivons à Mochima vers 14H00

Bienvenido in america latina

L’arrivée à Mochima sur le continent sud américain est splendide, très sauvage et désertique. Nous plongeons véritablement en Amérique du Sud. Ce long et large bras de mer qui s’enfonce entre les montagnes est un véritable fjord tropical.

Mochima est un parc national, c’est aussi un village, caché tout au fond de cet endroit magnifique. Nous explorons tous les bras de mer avant de mouiller en face du petit village. Nous sommes les seuls bateaux ici. Il aurait été très hasardeux de naviguer seul.

Un décor à la Sergio Leone...

L'insécurité ici au Vénéz se porte aussi sur le design des maisons (ici pourtant dans un petit village très reculé)


Depuis que nous sommes arrivés au Vénéz (y compris aux testigos pourtant éloignés de Grenade d’à peine150 Km), la rupture avec les Antilles est flagrante.
Les habitants tout d’abord : pas de population noire mais le type sud américain au teint basané, mais aussi la langue espagnole (très très peu d’anglais ou de français), le climat plus chaud et beaucoup plus sec (fini les grains) et enfin la végétation sèche, parfois désertique et pleine d’épineux et de cactus.

En ce Lundi de pâques, les enfants ont eu droit à quelques Toblerone et Ferrero rochers en guise d’œufs, cachés dans le bateau. Trop trop contents les 3 moussaillons.


Tout petit marché au poisson de Mochima

Mochima, vue du mouillage

Bulle d'O et Eagle, au loin

Cath et Alexandra en balade à Mochima



Mardi 25 Mars

Mochima – face au village, nous sommes seuls avec Eagle

Le Vénéz, c’est ça aussi

Imaginez un plein d’essence à 30 centimes d’euros. Impossible…mais pas au Venez. Bon, le plein, c’est 35 litres de super pour notre annexe. Mais le prix, c’est bien 2000 bolos, soit 0,3 centimes d’euros. Avons-nous rêvé ?

Alexandra et Sébastien en admiration devant un perroquet vert

Le mouillage est merveilleux et d’un calme absolu. Nous avons l’impression d’être dans une carte postale. On se croirait dans un décor de Sergio Leone avec le village sud américain tel que nous l’avions en tête, où tout croule sous la chaleur entre 10h00 et 17H00...


Mochima, un mouillage paisible

 

Cumana

Mercredi 26 Mars

De Mochima à Cumana – au moteur, 15 milles. Nuit à la marina

Y a-t-il un pilote à bord ?

Que cela nous fait drôle. Une nuit dans une marina, avec de l’eau et de l’électricité ! La première depuis Puerto Calero aux Canaries en Octobre dernier. Pas de souci d’économiser de l’eau quand on se lave les mains, quand on prend sa douche, quand on fait la vaisselle.
Pas de problème pour le frigo ou les lumières à bord… Une impression de luxe, de confort qui n’est somme toute pas désagréable.

Cette escale nous permet donc de renouer avec une marina mais surtout d’espérer pouvoir régler le problème majeur du bord : le pilote auto. Naviguer sans pilote est très contraignant la journée et quasiment bloquant pour une éventuelle nav de nuit (ce qui sera le cas pour aller à Tortuga et aux Roques). César, le mécano marine de Cumana, a passé une partie de l’après midi à démonter le pilote pour finalement l’emporter à son atelier pour mieux tester l’embrayage. Réponse demain. Je croise les doigts !

 


Cumana, sa marina et son Mc Do...

 


Jeudi 27 Mars

Cumana – Nuit à la marina

Pas de nouvelle de César aujourd’hui. Il est très sûrement sur notre pilote…enfin, je l’espère.

Je consacre la journée à faire les formalités d’entrée au Vénézuéla, exercice de patience entre les douanes, le bureau de l’immigration et la capitainerie. En fin de journée, là ou nous pensions que nous allions récupérer nos papiers, on nous envoie un « Repassez demain matin, vos papiers seront peut être prêts ! »

Et les enfants ?

Pendant ce temps, les enfants avancent sur leur CNED, toujours avec beaucoup de sérieux.
Ils ont tous les trois pris une autonomie et une maturité qui nous réjouissent, même si Maxime à encore besoin d’un suivi plus proche (c’est le plus « petit »).


Sébastien et Alexandra nous sollicitent en fonction de leurs besoins (principalement sur les langues). La motivation pour eux est de commencer à travailler suffisamment tôt (entre 07H30 et 08H00) pour avoir fini avant le déjeuner. Cela fait en moyenne 4 heures par jour. Les après-midi peuvent ensuite être consacrées aux balades et autres découvertes. Ici à Cumana où nous avons un accès à internet gratuit et de bonne qualité, Alexandra passe beaucoup de temps sur son blog, ses emails et sur son devoir d’Allemand où elle raconte notre année. Hyper bien fait.

Notre ado préférée...


Sébastien m’aide toujours à avancer sur les travaux d’entretien de Bulle d’O ou à soigner son annexe (je la regonfle, la lave, la remonte, la cadenasse, la renforce, la vide etc.). Max est lui avec son épée laser (bout de bois avec un bout de scotch gris) et se prend pour Luke Skywalker.

Seb et son annexe

Vendredi 28 Mars

Cumana – Nuit à la marina

Yes, il y a un pilote à bord de Bulle d’O

César est venu, a vu et a vaincu ! Il a pu réparer l’embrayage et semble confiant sur son intervention. C’est absolument génial et un gros soulagement pour moi. Pourvu que cela soit pérenne.
Je profite du sérieux de César pour changer une batterie qui avait laché au Sénégal et la remplacer par une équivalente. Nous repartons à l’assaut des ateliers et autres garages pour trouver finalement celle qui nous convient, une 4D de 1300 ampères. Cela devrait nous donner plus d’autonomie pour les nav de nuit. Nous nous demandons du coup si nous n’allons pas renouveler complètement le parc de batterie de service.

César, le meilleur copain de notre pilote auto


Le temps des indiens

Apache (un feeling 446) est un bateau avec un équipage étonnant : Jean Philippe, Carole et leur cinq enfants dont la plus grande de 10 ans et la dernière de 13 mois. Inspirés par un reportage de Thalassa (les petits mousses qui ont passé le cap horn avec leurs 5 jeunes enfants), ils ont décidé en quelques mois de vivre une aventure un peu similaire, une année de navigation en monocoque autour de l’Atlantique. 16 jours de traversée entre le cap vert et Tobago. Pas de cap horn pour eux, mais il faut tout de même le faire ! Allez leur rendre visite sur leur site, il est très bien fait

 

Apache et leur cinq petits sioux 


Samedi 29 Mars

Cumana – Golfe de Cariaco - Cumana

Fruits, légumes, viande, poisson, volaille vivante, jus de fruits frais, musique latine à fond les ballons… Le marché de Cumana justifie à lui seul le voyage et un arrêt ici. Les couleurs, les odeurs, la musique, la variété de ce que l’on y trouve, les personnes, tout y est enchanteur. Pour quelques bolos, un « tireur » de brouette vous suit et vous transport tous vos achats.

La ville est très animée, un peu à l’image de son marché.

Cumana



Laguna Grande

Et une frayeur, une !

Nous quittons Cumana vers 13H00 pour Laguna Grande, dans le golfe de Carriaco. Cet endroit est semble t-il merveilleux. La nav est simple : juste un peu plus de 10 milles avec cependant un vent debout assez violent (25 à 30 nœuds). Nous y allons donc au moteur avec une mer levée par le vent. Rien d’extraordinaire.

Une petite heure après notre départ, Catherine entend un bruit d’eau assez net dans la coque bâbord. Aie aie aie, le hublot de survie n’est plus étanche. L’eau s’engouffre alors sans scrupule dans la coque et de plus en plus fort. Le problème est suffisamment simple pour que je le comprenne immédiatement. Le taquet bloqueur de la poignée Goiot est en train de lâcher. D’ailleurs, il lâche là , maintenant, sous nos yeux. Je fais alors immédiatement demi tour afin de ne pas avoir la mer et le vent dans le nez et limiter les entrées d’eau. Seb aux commande (le pilote auto marche, au moins une satisfaction), Cath qui éponge, Alex et Max au vidage des seaux et moi, à maintenir comme je peux le hublot pour limiter les dégâts.

Nous arrivons enfin au port de Cumana, plus de mer, plus de problème. Nous accostons très rapidement, je me plonge dans la caisse pièces de rechange pour vérifier que nous avons bien en stock une poignée de ce type. Je trouve la pièce avec un gros soulagement et la remonte sur le hublot en quelques minutes.

Ouf, problème réglé. Nous ne repartirons pas cet après-midi mais demain matin uniquement, histoire de nous remettre de nos émotions, de ne pas risquer l’arrivée de nuit à Laguna Grande et surtout de partir avec beaucoup moins de vent.

Poignée du hublot de survie qui casse en navigation. Une petite pièce comme celle là, et l'eau s'engouffre dans la coque



Dimanche 30 Mars

De Cumana à Laguna Grande – 14 milles au moteur avec mer plate et peu de vent.
Visite de Laguna chica puis Laguna Grande. Mouillage à coté d’Eagle par 5 mètres  de fond

Il est frais mon poisson. Entre Cumana et Laguna Grande, Golfe de Cariaco
Les dauphins nous accompagnent par dizaines


Que faire pour éviter de couler ?


La leçon de notre petite mésaventure d’hier est double.

D’abord, naviguer contre le vent et la houle est un facteur de risque très important de casse. On le savait mais nous n’en n’avons probablement pas tenu suffisamment compte.
Nous sommes partis en pleine journée pensant que les 25 nœuds de vent de face ne serait pas un problème pour un trajet si court et avec quasiment pas de houle dans un golfe protégé. Nous aurions pu très bien attendre le lendemain matin pour faire le même trajet sans vent comme nous l’avons fait tôt ce matin. A 06H00 du mat, tout est calme et d’ailleurs les petites barques de pêcheur ne s’y trompent pas et viennent envahir le plan d’eau, au milieu des dauphins.

Ensuite, nous avons eu la chance d’avoir la pièce qui a cassé en « spare » sur le bateau. C’est un vrai coup de chance car Christian, l’ancien propriétaire de Bulle d’O, avait laissé à bord un petit stock de pièces dont cette fameuse poignée.

Merci, merci, merci Christian !

Nous allons dès que possible en commander deux autres et nous les faire envoyer ici. Indispensable. Je pense bien sûr tout de suite à un tel problème au milieu de l’Atlantique, dans du gros temps…. Pas bon !

Laguna Grande est encore une fois un site merveilleux. Nous sommes complètement seuls au milieu de bras de mer, ces fjords tropicaux, entourés de montagnes rouges, arides et peuplées de quelques cactus aux épines bien acérées. Seul inconvénient, les mouches (salut Francky !), des mouches par dizaine dans le carré.




Laguna Grande - Fjord tropical



La récrée ce matin a été un peu plus longue, dauphins obligent



Cumana (bis)

Lundi 31 Mars

De Laguna Grande à Cumana – 14 milles au génois seul, avec mer plate et peu de vent. Eagle part le soir même pour Tortuga.
Nous restons à Cumana le temps de finir les quelques travaux d’entretien que nous souhaitons faire et de profiter un peu de la ville.

Le retour vers Cumana se passe très calmement, entourés de très nombreux dauphins, tous extrêmement joueurs. Le pilote marche toujours et le hublot de survie semble tenir le coup !

José, notre héro de BD

José est vénézuelien, d’origine libanaise, marié à une charmante brésilienne qu’il a rencontrée à Besançon il y a plus de trente ans. Alors que nous étions au marché à la viande de Cumana, nous entendant parler français, José nous tombe littéralement dessus ne pouvant résister à nous dire combien il est francophile. Et oui, cela arrive ! Un vrai personnage de bande dessinée à la Gotlib (les dingodossiers, rubrique à braque…) ou à la Franquin (Spirou en Palombie, le dictateur de Champignac…) une caricature trop sympathique: grand, gros, parlant fort, moustachu et très souriant.

Il nous kidnappe et nous fait visiter sa ville, nous raconte son histoire, nous présente à sa femme, sa fille puis ses amis, nous organise du change à un taux défiant toute concurrence, offre des glaces aux enfants… On ne peut pas l’arrêter. Il ne faut d’ailleurs pas l’arrêter. Il y prend visiblement beaucoup de plaisir et cela est partagé par nous cinq.

Son père a fait fortune ici, à Cumana, grâce aux perles et diamants de la région. Il nous parle beaucoup de Chavez et de l’insécurité qui s’accroît du fait de sa politique. Trop de chômage, trop de pauvreté dans un pays pourtant hyper riche, un pays où le pétrole coule à flot, où 100 litres d’essence à la pompe valent 1 €.

Nous aurons le même constat de la part de César, d’une classe sociale cependant bien différente de celle de José. La politique de Chavez qui veut protéger les plus démunis, qui veut prendre aux riches et donner aux pauvres. Chavez, l’anti américain, se rapproche de plus en plus de Fidel Castro et s’éloigne de plus en plus de son peuple. De bonnes intentions qui se traduisent par des mesures qui font fuir les plus riches. Ce sera le cas de José et de sa famille qui, pour éviter les agressions régulières, partiront sous peu s’installer au Brésil.


Le Bus “Brasil terminal” qui nous emmène régulièrement au “Mercado Municipal”

Mango

Pina, 1000 bolos/kg

Une ambiance toujours bon enfant

Frais; pas frais? stocké au soleil en tout cas, dans une brouette recouverte de carton

Il ne manque que la musique qui résonne partout

Pimentos



Mardi 01 Avril

Cumana – marina

Noël le 1er Avril

Ça y est, c’est fait. Après de nombreuses hésitations, nous avons changé notre parc de batteries. Les batteries en place n’étaient probablement pas complètement HS mais nous bataillions depuis le Sénégal avec un réel problème d’autonomie. J’ai fait, je pense, une petite erreur en ne remplaçant pas une batterie qui avait lâché lorsque nous étions au Sénégal. Nous marchions donc depuis avec un déficit d’ampères qui nous obligeait à mettre le groupe en marche très rapidement lorsque nous étions en nav de nuit  particulièrement et malgré des restrictions importantes : frigo éteint la nuit, pas de lumière le soir, frontales pour tous, pas de pilote auto dès que possible... Cela ne suffisait pas. Alors, de nouvelles batteries (820 Ampères SVP), c’est un peu notre cadeau de noël !

Ce n’est pas un poisson

Ça y est aussi, nous avons envoyé à HEC et à Sodexo un courrier de confirmation de notre retour en Août prochain (septembre pour Catherine), avec une pêche d’enfer et une motivation intacte. A suivre…
 


Seb et Alex en train de tester le VOIP
(téléphone via internet)

Alexandra, CNED à la main:
“dis papa, tu peux faire un texte d'allemand avec moi?”



Mercredi 02 Avril

Cumana – marina

Nous profitons de l’eau douce de la marina pour rincer puis laver Bulle d’O des pieds à la tête.
Nous prenons tous les cinq un grand plaisir à frotter, laver, rincer, faire briller, enlever la poussière et le sel accumulés.

Quiz sport pour Francky, PH et Did:

Quel est le seul pays d’Amérique du sud à n’avoir jamais disputé une coupe du monde ?

Jeudi 03 Avril

Cumana – marina

Entretien Bulle d’O

Je passe la journée complète à travailler sur Bulle d’O, avec le support, indispensable, de César : changement de l’alarme pression d’huile du moteur tribord, changement du corps de pompe des toilettes avant bâbord, celles de Maximes et Sébastien, et pose d’un nouveau tuyau d’évacuation des toilettes avant tribord en intégrant un col de signe. Le col de signe fait passer le tuyau d’évacuation au dessus du niveau de flottaison et permet ainsi d’éviter une rentrée d’eau si le clapet anti retour des toilettes ne fonctionne plus ou mal. Sécurité, sécurité, sécurité…

En fin de journée, Eagle nous contacte par iridium pour nous signaler que le vent souffle fort sur Tortuga, ce qui rend le mouillage très rouleur. Ils partent donc sur Los Roques demain soir. Nous les rejoindrons probablement là-bas.

Réponse au quiz sport :

Le Vénézuela


Une après-midi à faire ce beau col de cygne pour éviter un eventuel débordement



Vendredi 04 Avril

Cumana – marina

210 Litres pour moins de 2 euros

Nous prenons goût à Cumana et à sa marina. Nous nous dirigeons maintenant parfaitement dans cette ville, la plupart du temps en bus, portes ouvertes, musique à fond. Nous adorons particulièrement ce marché si vivant et y retournons souvent, le matin, pour y boire un jus d’orange frais et surtout profiter de l’ambiance si sud américaine. Quel bonheur que de prendre son temps !

Le marché de Cumana, un lieu plein de vie, que nous adorons

Fruits et légumes à gogo

Et toujours une ambiance très bon enfant

Les poules prêtes à être pesées

Pesée du melon

Nous sommes tous super satisfaits des nombreux petits travaux que nous avons réalisés sur Bulle d’O en quelques jours. Max et Seb ont maintenant des toilettes qui marchent nickel, un vrai luxe ! nous avons un parc de batteries tout neuf et gonflé à bloc. Il nous reste cependant encore deux gros dossiers à traiter. Tout d’abord checker les condensateurs du groupe qui semblent KO et qui nous empêchent de faire marcher le dessal et ensuite réaliser les modifications qu’Alucarbone nous a proposées mais qui tardent à se concrétiser. Il semblerait qu’il y ait des problèmes d’organisation chez eux, beaucoup de promesses par téléphone mais rien ne suit (ça ressemble fort à un gros « bazar » !). Je ne désespère pas pour autant et ne les lâcherai pas!

Nous faisons un tour à la pompe à essence. Le plein de diesel est toujours un gros étonnement ici. 210 litres pour 10 bolos soit 1,60 € (yes, 210 liters for less than 2 euros !!!). Cela reste très difficile à comprendre. Les gens ne semblent pas plus heureux pour autant. Conséquence directe, les rues sont ici peuplées de grosses américaines (des voitures !) des années 60, avec des moteurs au bruit de F1.

Pompe à essence, très fréquentée par les pêcheurs et par quelques rares voyageurs

Ohh, la belle américaine....

Départ demain de Cumana pour Tortuga – 66 milles