Les Grenadines de Saint-Vincent
Bequia, Petit Nevis, Mayreau, Tobago Cays, Union

Les Grenadines, c'est ça avant tout



...et puis ça aussi (Tobago Cays) ....
...et puis ça...


Mardi 12 Février

Bequia (prononcer Békoué) – Admiralty bay au mouillage

Il est 02H00 du mat, nous sommes à 40 milles de Moustique. Nous venons de croiser un chalutier qui nous a rasé les moustaches.
C’est maintenant au tour d’un paquebot, immense, véritable sapin de noël flottant avec ses guirlandes qui illuminent le ciel. Au contraire du chalutier qui n’a pas changé sa route, lui nous a très certainement vu et modifié sa trajectoire. Il avance du reste tout doucement, préservant le sommeil de ses passagers en vue de la prochaine escale à La Barbade.

Nous avons organisé nos quarts comme nous en avons maintenant pris l’habitude. Alexandra commence, sans Maxime cette fois encore affaibli par sa gastro, puis je prends la suite de 11H00 à 03H00, Catherine de 3H00 à 6H00 et enfin Sébastien à partir de 6 heures.
La nuit est superbe, étoilée à merveille. Que j’aime ces moments. Et quel plaisir que d’aller rejoindre sa couchette après un long quart de nuit. Le sommeil arrive alors instantanément, un sommeil lourd, profond et récupérateur, qui nous permet de nous réveiller quelques heures après et de repartir du bon pied !

08H00 – Taugl vient de casser sa commande de barre à roue. Rien de très grave, juste un point de soudure à refaire. Nous décidons donc de mettre le cap sur Bequia pour réparer. Moustique sera pour plus tard.  On a presque l’impression de changer nos plannings intentionnellement, comme pour réaliser encore plus que nous profitons d’une liberté si plaisante…

Nous arrivons en fin de matinée dans une baie superbe mais bondée de bateaux de toutes nationalités. Des monocoques, des catas et un Kronos 45 qui vient nous voir immédiatement. Des américains. On se donne RV pour un  peu plus tard, après avoir mouillé et fait nos formalités d’entrée.


Bulle d'O au mouillage de Bequia...

...Pas loin d'Ana Luna, un autre Kronos 45

Superbe 5 mâts qui vient mouiller près de Bulle d'O à Bequia



Mercredi 13 Février

Petit Nevis – toute petite île à quelques milles de Bequia au mouillage avec Océane

Béquia est une escale très sympa, même si « surbondée ». La baie est bordée de plages superbes, une eau incroyablement turquoise, des collines couvertes d’une végétation intense et parsemées de petites maisons au style colonial.

Après avoir passé un long moment avec Nathan et Déborah (couple américano-bermudéen navigant sur Ana Luna un autre Kronos 45), nous filons sur Petit Nevis, toute petite île à 7 milles de Bequia, où Océane nous a donné RV. Nous y sommes seuls dans un cadre très sauvage. Océane est un Catana 48 que nous avons croisé hier et qui a pour équipage une petite famille bien sympa.
Maryline, Fabrice et leurs deux jeunes enfants nous ont régalés de leurs aventures à répétition. Après avoir fini leurs études supérieures, ils accomplissent un tour du monde en Land Rover pendant 3 ans, reviennent en France pour remplir la caisse de bord puis repartent pour un deuxième tour du monde de trois ans, à nouveau avec le même land, mais avec un passager supplémentaire (leur fille) puis rapidement un deuxième (leur fils). Arrivés au Brésil, ils troquent leur Land pour un magnifique Catana 48, remontent la côte Sud américaine et naviguent depuis 2005 entre le Vénézuela et les Antilles. Quelle pêche et quels sourires !


Petite plage bien sympa à Béquia

Nathan et Deborah, nos copains Américano Bermudiens de Ana Luna



Vue de Petit Nevis, côte au vent

Les deux zouaves à Petit Nevis



Océane
Deux tours du monde en Land Rover (7 ans) et puis on continue sur l'eau (Catana 48)

Jeudi 14 Février

Mayreau – Salt Whistle bay

La Navigation entre Petit Nevis et Mayreau est très agréable. 20 petits milles à parcourir, au travers, avec un vent de 25 noeuds.
Bulle d’O en raffole. Nous naviguons avec deux ris et le génois à moitié enroulé. Malgré cela, nous filons à 8 nœuds !
Le mouillage à Salt Whislte bay, une grande crique absolument superbe, est très prisé, donc beaucoup de monde. Nous y retrouvons Océane avec plaisir.
Le dîner est agrémenté d’une langouste énorme (1,5KG) que nous avions achetée en mer à un pécheur avant de quitter Petit Nevis.


Plage de Salt Whistle Bay à Mayreau et notre kayak rouge

Première langouste du voyage

Vue de Mayreau. Au large, l'île de Canouan

Salt Whistle Bay. cherchez Bulle d'O



Vendredi 15 Février

Mayreau – Salt Whistle bay

Taugl nous a rejoint ce matin. Maxime est fou de joie de revoir son copain Arthur avec qui il passe des après midi « trop géniales ».
La plage de Salt Whistle bay est pour eux toute indiquée, passant d’un cocotier à un palmier, d’un château de sable à une roulade dans les vagues.

Présentation originale de tee-shirt et paréos à Mayreau

Le déssal est un outil extrêmement utile ici. Grâce à lui, la gestion de l’eau se fait de manière très confortable. Il n’y a en effet que peu de possibilités de « faire » de l’eau dans les Grenadines. Condition première à sa mise en route, une eau de mer claire, limpide et propre. Nous mettons alors le groupe en marche (alimentation 220V) puis la pompe eau de mer basse pression et activons ensuite manuellement la pompe haute pression progressivement jusqu’à atteindre la pression nécessaire à la production d’eau douce. Les premiers litres produits pouvant être encore un peu salés, nous les versons dans un bidon afin de nous assurer que l’eau est bien bonne à boire. Nous branchons ensuite le tuyau de sortie d’eau douce soit directement sur les réservoirs, soit dans des bidons (2 de 20L, 3 de 10L) qui nous servent de stock tampon de l’eau que nous buvons tous les jours. Ainsi, nous avons une réserve de 70 litres d’eau potable en plus des 700 litres des deux réservoirs de Bulle d’O. Toute l’eau produite (90 litres/heure) est re-minéralisée, nous donnant une eau parfaitement potable et très bonne à boire. Une autonomie très appréciable.




Samedi 16 Février

Mayreau – Salt Whistle bay

Nous parlons beaucoup entre nous de mon petit coup de blues d’après transat.
Est-ce bien réellement l’impression d’avoir atteint un objectif important qui me donne un sentiment de vide? Est-ce d’avoir déjà fait les Grenadines ? D’avoir l’impression de ne plus découvrir et ne plus faire de rencontres authentiques ? Est-ce le vide laissé par le « magique » Sénégal ? L’impression de ne plus avancer ?

Il y a un peu de vrai dans tout ça, mais les explications ne sont pas satisfaisantes, trop simples ! Nous arrivons enfin sur un argument plus fort : Toute notre attention était portée depuis plusieurs mois sur la Transat et sa préparation. Une fois arrivés à La Barbade, nous réalisons que nous sommes aussi à mi chemin de notre année. Changement de perspective. Nous sommes désormais trop tournés vers notre retour : organiser notre route aux Antilles en fonction de notre retour, anticiper la vente de Bulle d’O, être en contact avec Sodexho (Merci Wolfgang !), ne manquent pas de me rappeler que le retour ne sera pas obligatoirement évident, tout le monde ne m’attend pas forcément les bras ouverts…Je me projette alors trop rapidement à 6 mois et oublie de profiter du moment présent. Erreur mon cher Bertrand. Anticiper et préparer le retour est certes important mais ne doit en aucun cas venir perturber « notre année ». Je me fais alors des tas de promesses : on va taper dedans jusqu’au bout. La pêche revient d’ailleurs instantanément. A suivre…


Rangement du Génnaker avec Seb



Dimanche 17 Février

Mayreau – Salt Whistle bay










La plage de Salt Whistle bay est « trop » bien, elle est « trop » belle. Nous décidons derester quelques jours de plus et de ne filer vers Tobago Cays qu’un peu plus tard. La plage ici est très  bien protégée, au calme de la houle et des alizés. Les enfants se régalent des après midi à jouer  dans les vagues, à rêvasser sous les palmiers, à construire des « châteaux forts » en sable, à  faire du « snorkeling » sur la côte au vent le long de la barrière de corail… Dur de partir dans ces  conditions…

Nous faisons de plus de petites ballades autour de l’île de Mayreau et découvrons du haut d’une colline, une vue majestueuse des Tobago Cays. Une vue que nous voulons revoir et que je m’empresse d’immortaliser en photo.

De l’autre coté de l’île, nous retrouvons avec surprise « Eagle », un autre Kronos 45 déjà rencontré à Dakar. Nous projetons de naviguer ensemble sur les îles du Venezuela, plus sûres à faire à trois bateaux (avec Taugl) que seuls.
Les histoires de piratage de bateaux imprudents circulent en effet sur « radio ponton ».


Bulle d'O à Mayreau

En balade avec Taugl

La famille après une balade sympa à Mayreau



Lundi 18 Février

Tobago Cays

Encore un Kronos ! Le quatrième en quelques jours ici (sur 13 Kronos construits en tout et pour tout). Voilà qui confirme tout le bien que nous pensons de ce bateau, vrai bateau de voyage. Pour mémoire Bulle d’O est à vendre dans quelques mois !!!

Et un kronos de plus... Voici Kuatro


Tobago Cays nous voilà. Journée idéale pour se rendre dans cet atoll de rêve. Peu de vent, pas de mer. C’est tout bon. Nous mouillons derrière Baradal, protégés du vent, sous un soleil de plomb. Nous sautons dans nos « shorty », nos palmes et nos masques et passons l’après midi à « snorkeler » dans la barrière de corail. Nous sommes trop bien. Le petit moins constaté depuis quelques jours se dissipe. Tiens, pour marquer le coup, apéro champagne ce soir !

Quel mouillage géant.


Sébastien entre deux ”cours du Cned“



Les Tobago Cays sous l'eau



Mardi 19 Février

Union, Chatam Bay

Journée passée à Tobago Cays. On profite à fond de cet atoll superbe.


Radio Bulle d’O - Maxime

Maxime plane sous l'eau





Maxime, comment se passe ton voyage ?

Il se passe super bien !
Le meilleur moment est pendant les palabres. Nous faisons un retour en arrière sur la journée. Nous discutons tous ensemble des bons et moins bons moments, les enfants ayant une voie égale à celle des parents. Comme cela nous prenons les décisions tous ensemble, et ça c’est vraiment super.

J’ai fait un pari avec les parents qui nous offriront un baptême de plongée si je suis cool pendant une semaine.





Ça veut dire quoi être cool ?

Ça veut dire ne pas râler (surtout pour mon Cned) et ne pas titiller Alex, Seb et les parents

Comment s’est passée la Transat pour toi ?

C’était cool. J’ai adoré remonter les poissons, surtout la plus grosse des coryphènes (1m10) et la Bonite à ventre rayé. J’ai quand même été un peu inquiet quand nous avons eu 40 nœuds de vent et aussi quand parrain a empanné.
J’ai trouvé très rigolo de surnommer parrain « Haricot vert ».
Les rares fois ou nous avons vu des dauphins étaient toujours aussi magiques. Vers la fin, les quarts étaient assez fatigants, surtout pour les parents. Vous n’imaginez pas la joie d’être arrivé.

Et que penses tu des Antilles pour le moment ?

Je trouve que c’est toujours super. L’endroit que j’ai préféré est Mayreau où j’ai pu construire un château de sable avec mon copain Arthur. Le château a résisté pendant trois jours aux vagues.
J’ai aussi aimé Petit Nevis où nous avons fait une super balade jusqu’en haut de l’île. Mais le mieux a été le snorkeling à la Barbade, à Mayreau et à Tobago Cays. On a vu des tas de tortues et des poissons de toutes les couleurs. Heureusement, vous pourrez voir tout ça sur le site grâce aux photos de papa.

Penses-tu de temps en temps à tes copains de Buc ?

Bien sûr, j’y pense. Je me dis qu’ils sont dans l’hiver de Buc et que moi j’ai la chance de voyager et de vivre une aventure extra.
Je pense aussi à toute la famille qui me manque énormément.


Prêt pour la balade sous marine?

Alexandra dans son nouveau maillot

Tout proche de la barrière de corail

Les mêmes sous l'eau. Max lui respire


Mercredi 20 Février

Nuit à Chatam Bay

La « Chatam Bay » est magnifique. Son coté sauvage nous séduit totalement.
Pélicans et oiseaux en tout genre y sont chez eux et surveillent une faune sous marine incroyablement développée. Les bancs de poissons y sont pléthores et formés de milliers d’individus, petits comme grands. Nous passons des heures sous l’eau à traquer les nombreuses langoustes qui nous narguent sans vergogne en se cachant dans leurs trous inaccessibles pour nous. Nous réussissons non sans peine à en attraper une, mais vue les efforts que nous avons déployés, il est clair que nous n’avons pas la bonne technique…il nous faudra progresser si nous voulons en faire nos repas.


Cath à la vaisselle sous toutes les conditions.
Ici sous le soleil....

... et là sous un grain



Seb et Max toujours prêts à faire les andouilles



Et Max s'installe sur la banquette arrière à la belle étoile



Pélican au vol majestueux
(pas très flagrant sur la photo)
Piqué d'oiseau au pied de Bulle d'O...
...qui repart avec un poisson dans le bec


Jeudi 21 Février

De Chatam Bay à Clifton (Union) (8 milles)

Escale à Clifton pour faire les formalités de sortie des Grenadines de Saint Vincent.
Ce petit pays comprend l’île de Saint Vincent au sud de Sainte-Lucie ainsi que les toutes petites îles des grenadines (avec entre autre les Tobago Cays, Bequia, Moustique, Canouan, Mayreau, Union et Petit Saint-Vincent). L’archipel dépend quasiment exclusivement du tourisme avec une multitude de bateaux de location sillonnant les îles en permanence.
Le trop grand nombre de bateaux de loc dénature à nos yeux ces îles pourtant magnifiques : trop de touristes pour la plupart très maladroits aux commandes de leur bateau, trop peu de bonnes manières (peu de contact avec les autres bateaux comme avec les locaux), trop de locaux uniquement intéressés par nos dollars et pratiquant des prix hallucinants (acheter du poisson à un boat boy est hors de nos moyens et beaucoup plus cher que partout ailleurs).

La nuit à Clifton est digne de ce tableau peu reluisant. Le bateau devant nous dérape à deux heures du mat et vient percuter Bulle d’O, raclant heureusement sans trop de dommage toute notre coque bâbord. Nous partons donc sans regret des Grenadines avec tout de même quelques images splendides en tête.


Chattam Bay, Union
Bertrand et Olivier équipés pour aller pêcher des langoustes.... Le butin sera maigre


Quelle allure!
...et si immense