La Barbade et suite de transat

Carlisle Bay, vue de notre mouillage. Il y a pire....



Vendredi 25 Janvier

Carlisle Bay – Bridgetown - La Barbade au mouillage

Nous arrivons donc au petit matin après nos 13 jours de mer.
Première chose à faire : les formalités d’entrée avec immigration, douanes et bureau sanitaire. Cela nous occupe une grande partie de la matinée, amarrés au port de commerce, devant une frégate de la marine française. Une fois les formalités accomplies, nous sommes invités à visiter le bâtiment français en mission dans les îles. Leur raison d’être est de protéger les eaux bordant Kourou avant un lancé de fusée (tous les mois), de faire respecter les zones de pêche françaises des environs et enfin de surveiller les narcotrafiquants. Leur navire est équipé de deux moteurs de 5000 chevaux (50 pour bulle d’O) consommant chacun 200L/heure de diesel (contre 1,5 pour Bulle d’O !).

La journée est avant tout une journée de repos pour tout l’équipage. Nous nous offrons tout de même une bonne bouteille de champagne et un repas de fête (grosse entrecôte, haricots verts, tomates provençales) pour fêter notre arrivée à bon port.




Petit visiteur digne de Némo


 

Samedi 26 Janvier

Carlisle Bay –La Barbade au mouillage

Taugl arrive en début de matinée avec un grand sourire. La traversée s’est également très bien passée pour eux. Nouveau repas de fête pour célébrer cela, champagne et château Talbot 97!

Nous sommes tous ravis d’être arrivé mais il y a en nous un petit sentiment de vide qui flotte. La grande traversée est effectuée, sans problème technique, mais cette transat représentait un peu une fin en soi. Nous partageons ce sentiment avec Taugl, Carmen comparant même cela avec un « baby blues ».

Il nous reste tout de même tout un programme encore à bâtir pour les 6 prochains mois. Quelle route prendre aux Antilles pour les quatre mois avant d’entamer notre transat retour ? Les options sont pleinement ouvertes : Trinidad et Tobago, les Grenadines, les îles du Vénézuela (Los Roques, Los Aves, Blanquilla, Margarita…), San Blas (îles somptueuses parait-il mais très à l’Ouest donc avec un retour au prés sur plusieurs centaines de milles…), La Martinique, La Guadeloupe, Les îles Vierges puis éventuellement les grandes Antilles avec Cuba en vedette.

Pour le moment, nous sommes à La Barbade pour quelques jours encore, dans l’attente des cours du Cned envoyés par Patty il y a 8 jours. Nous profitons sans scrupule de l’eau translucide de Carlisle bay, du soleil et des quelques grains, des tortues qui nagent autour de Bulle d’O, du bourdonnement de Bridgetown, de ses marchés et de ses « malls » (centres commerciaux locaux) constamment envahis par des milliers de touristes américains, déversés tous les jours par de gigantesques paquebots en escale. La Barbade semble vivre de ces afflux quotidiens de visiteurs US, tous armés de billets verts, casquettes, lunettes de soleil et gambettes toutes blanches.


Salut zoé, comment ça va sur Taugl?

Olivier et Carmen (Taugl), en route pour leur tour du monde



Dimanche 27 Janvier

Carlisle Bay – Bridgetown - La Barbade au mouillage

Grande matinée nettoyage et entretien de Bulle d’O dans ce cadre idyllique.
Nettoyage intérieur où chacun lave sa cabine et ses toilettes à fond. Je me concentre pour ma part sur l’extérieur du bateau (cockpit, ponts, jupes, roof, étraves), les coffres et cales (moteur, générateur, déssal, cales, coffres à aussières etc.). Nous faisons également tourner le déssal et remplissons les jerricans.

Il nous faut par ailleurs commencer à penser aux quelques travaux d’entretien à réaliser avant la Transat retour : mon vieux copain le générateur qui a son variateur de puissance en rade, panneaux solaires à rendre inclinables (indispensable pour une bonne efficacité), batteries qui me semblent faiblardes et enfin les modifs promises par Alucarbone qui tarde un peu à revenir vers moi. Je les relance régulièrement. Ils me font pourtant de belles promesses…

Après-midi digne de grandes vacances avec une séance snorkeling au dessus d’épaves non loin de notre mouillage. Multitude de poissons et de tortues dans une eau bleu turquoise puis footing de rêve le long de la plage en fin d’après midi avec haricot vert. Ah oui, Emmanuel a très rapidement été baptisé par les enfants « haricot vert », sûrement en vertu de sa grande taille et de sa minceur. Pas mal trouvé !
 


Opération plein d'eau avec le Dessal



Bridgetown



Lundi 28 Janvier

Carlisle Bay – Bridgetown - La Barbade au mouillage

Nous profitons de la Barbade et nous récupérons. Cette petite île est située sur une position légèrement excentrique dans l’océan Atlantique comparé aux autres îles des caraïbes, ce qui la rend peu visitée par les voiliers en croisière aux Antilles.

Superficie : 430 km², 270 000 habitants, capitale : Bridgetown, Décalage horaire par rapport à la France: -5 heures. La Barbade est une ex colonie anglaise, maintenant membre du Commonwealth et indépendante depuis 1966. La langue est donc l’Anglais, parlé avec un accent hallucinant, très difficile à comprendre, comme s’ils parlaient tous la bouche pleine de chamalos. Son économie semble reposer en grande partie sur les milliers de touristes américains déversés chaque jours par les paquebots de croisières.

Bridgetown, la capitale, est une petite ville truffée de boutiques duty free, de « malls » et d’un « cave Shepard », plus vieux « department store » des antilles (1906), digne des plus beaux établissement new yorkais. On y paie en Dollars barbados, en US Dollars et même en Euros. La ville est très propre et très sûre, une sorte de petit Singapour des Antilles. Tout semble y être organisé par le gouvernement (activité touristique, les marchés, l’économie, le prix des taxis, des locations de voiture etc.).

Bridgetown a aussi une vie plus locale, faite de marchés (fruits et légumes, viande, poisson). Ce coté est plus charmant et les contacts avec les barbadiens plus authentiques.

En dehors de Bridgetown, il n’y a apparemment pas grand-chose de très excitant. Une visite de l’île s’impose tout de même.

 


Bridgetown est constamment envahie par des milliers de touristes américains, déversés tous les jours par de gigantesques paquebots en escale



Mardi 29 Janvier et Mercredi 30 Janvier

Carlisle Bay – Bridgetown - La Barbade au mouillage

Retour sur la Transat





















Quelle joie et quel bonheur que de réaliser ce rêve. Traverser l’océan Atlantique en famille. Vivre une aventure qui sort un peu des sentiers battus, partager des moments forts, les moments beaux comme les moments difficiles. Un ciment supplémentaire pour notre tribu. Préparer ce voyage ensemble, partager l’apprentissage, la montée en puissance progressive avec la descente sur le Sénégal pour enfin arriver au jour J, prêts à traverser.

Notre traversée a finalement été beaucoup plus mouvementée du point de vue des conditions que ce que l’on nous avait promis. Plus de vent avec près de deux jours à plus de 30 nœuds et deux périodes à plus de 40 nœuds, plus de mer croisée donc plutôt inconfortable. On a encore en tête la promesse de certains bateaux croisés au Cap Vert  de faire une traversée sur un tapis roulant, tranquille, sans toucher aux voiles jusqu’aux Antilles. Cela n’a pas été le cas : Génois, gennaker, puis re génois, GV, un ris puis deux etc. Nous n’avions encore jamais autant changé d’allure.

La fatigue a été présente pour tout l’équipage. Elle s’est surtout faite sentir la deuxième semaine. Cette fatigue est très largement due à l’attention de tous les instants, nécessaire de jour comme de nuit. Les conditions assez instables nous l’ont réclamée. Les nuits ont donc été assez courtes et parfois même avec une ou deux heures de sommeil pour le capitaine quand les conditions me l’imposaient comme pour Catherine et Emmanuel pour l’inconfort et le stress. Nous avons de plus ressenti une tension supplémentaire significative du fait de traverser l’Atlantique : plus de pression dans chacune de nos manœuvres que lors de nos traversées précédentes pour descendre de la côte Africaine.

La présence d’Emmanuel a été pour nous d’une grande aide. La gestion des quarts est clairement beaucoup plus cool à trois adultes et aussi beaucoup plus sécurisante. Nous avons donc « économisé » les enfants, ce qui leur a permis de travailler quand les conditions le permettaient (pas si souvent !). Les enfants n’ont rencontré que très peu de difficultés. Pas d’inquiétude, pas de stress, pas de mal de mer.

L’ambiance à bord a été très bonne. Beaucoup de bons moments à regarder les éléments (mer, ciel, soleil, nuages, grains, lune, étoiles…), à écouter, à veiller, à discuter.  Pas d’engueulades ou de disputes, juste quelques rares petits sautes d’humeur, liées à la fatigue et tout à fait compréhensibles.

Question alimentation, nos repas ont été très légers et principalement agrémentés de poissons très très frais puisque pêchés régulièrement. Bonites, wahoos (sorte de Thon allongé) et dorades coryphènes, les préférées de tous. Nous avons tous pris beaucoup de plaisir avec la pêche. Chaque sifflement de la cane était une fête : Va- t on pouvoir le remonter ? Est-ce un très gros ? Un requin, un marlin ? C’est une coryphène puisqu’il se débat en sautant dans tous les sens. Tu as vu sa couleur ? Trois ou quatre nous ont tout de même échappé. Vient ensuite la phase de préparation, plus fastidieuse (mon boulot) et à faire immédiatement : le vider et le débiter en darnes ou en filets. Le reste est du plaisir, à déguster grillé ou cuit dans du citron, à la tahitienne.
Les légumes ont bien tenu le coup. Tomates, concombres, courgettes, pommes de terre, oignons bien sûr. Les choux ont été les plus résistants, on en a mangé jusqu’au bout. On ne peut plus les voir !

Nous avons par ailleurs été assez surpris de croiser très peu de vie en mer, trop loin de tout : pas de cétacé (uniquement quelques dauphins à deux jours de l’arrivée), très peu d’oiseaux et six à sept cargos croisés au loin (6 à 8 milles).

La traversée aura donc duré 13 jours (moins deux heures). 13 jours qui resteront gravés pour nous cinq.


La Transat en quelques chiffres

13 jours, 13 nuits (très exactement 12 jours, 12 nuits, 22 heures 45 minutes)
2255 Milles parcourus pour 2083 en route directe (Un peu plus de 4000 km –  1 mille = 1, 852 km)
1 heure moteur (mais 70 heures générateur pour assurer l’énergie à bord…)

Vitesse moyenne sur la transat : 7,25 Nœuds
  (un peu plus de 13 km/heure : finalement un bon coureur mettrait le même temps en footing !)
Vitesse maxi observée : surf à 15,6 Nœuds
Vitesse mini: 4 Nœuds

Force du vent : de 15 à 45 Nœuds
Creux jusqu’à 4 mètres
Profondeur maximum sur notre parcours : 5440 mètres

Consommation totale d’eau : ~ 450 litres
(5 à 6 litres par personne par jour pour boire, cuisiner et se laver: si si, on se lavait tous les jours...)

Rencontres :

  Dauphins, tortues, oiseaux
  Des centaines de poissons volants dont une bonne cinquantaine échoués sur le pont
  7 cargos
  Aucun bateau à part nos amis sur Taugl

Pêche:
  1 Wahoo,  2 coryphènes, 1 bonite à ventre rayé  et 2 bas de ligne sûrement arrachés par des monstres   marins

Entre 1 et 4 livres lus par l’équipage
Quelques milliers d’étoiles, une palette complète de nuages,
nombreux grains les derniers jours, très beaux arcs en ciel

Zéro engueulade….juste quelques coups de gueule
Un an de plus pour Alexandra fêtés par 14 N 35 W


Jeudi 31 Janvier

Carlisle Bay – Bridgetown - La Barbade au mouillage

Retour sur la Transat, vue par Emmanuel

"Bien loin de vouloir être comparé à un exploit, après en avoir vécu l’expérience je pense toutefois qu’il ne faille pas non plus en minimiser la portée : Traverser l’atlantique ne doit jamais être considéré comme anodin , ne serait ce que par respect vis-à-vis de la puissance des éléments.

Ces 13 jours loin de toute terre n’ont fait que renforcer mon impression de petitesse de la personne humaine. Nous n’avons fait que surfer sur une immensité liquide avec toutes ses beautés mais également toute sa force intérieure.
Pour résumer, 25-30 nœuds sont les conditions idéales, 30-35 nœuds de vent c’est super, 35-40 l’océan devient spectaculaire voire enivrant  mais à 40-45 nœuds tout semble changer de proportion et je crois que intérieurement, durant ce moment nous étions tous en attente d’un fléchissement du vent. Mais quelle beauté !

Une autre raison pour laquelle je pense qu’une transat ne doit pas être prise à la légère est  que tous les dangers sont sous jacents. Lorsque tout se passe normalement, les risques semblent inexistants. Après plusieurs lectures nautiques, j’ai pris conscience que des situations plus que confortables pouvaient rapidement devenir périlleuses. Je ne pense pas à un problème grave comme une personne à la mer ou une collision avec un containeur qui est difficile à anticiper, mais plutôt à un aléa technique tel la perte d’un safran, un empennage avec casse, une panne électrique, un réservoir infecté etc.
   
Voici donc pour moi les motifs principaux de l’importance de la préparation avant de prendre le large. Je profite donc de l’occasion pour féliciter le capitaine et l’équipage de Bulle d’O qui ont clairement mis le maximum d’atouts de leur coté du point de vue de la préparation
   
Du point de vue personnel j’ai donc vécu une expérience enrichissante que ce soit physiquement ou mentalement. Passer 13 jours d’affilée sans aucun échappatoire implique forcément de la part de chacun des efforts afin d’éviter une escalade de la tension dans certains moments disons « un peu plus délicats ». Ces tensions de chacun, parfois palpables font parties « du challenge » et s’estompent aussi rapidement qu’elles sont arrivées. Après coup, tout s’explique parfaitement par la pression du moment, la fatigue, le chamboulement des cycles de sommeil, de nourriture et n’oublions pas non plus l’isolement presque total du reste du monde. Je dis bien presque total car la réception des SMS  par satellite a été un vrai réconfort pour nous tous.
   
J’ai plus apprécié la deuxième semaine de la traversée car sans avoir vraiment eu le mal de mer, j’ai été barbouillé durant les 6 premiers jours et j’ai du me faire violence pour partager les repas pourtant bien appétissants. Pour moi, ne pas rester l’estomac vide a été un bon remède pour éviter d’être vraiment mal! Les pilules anti-mal de mer sont restées intactes dans leur boite.

   Je voudrais également mentionner le côté solitaire mais grandiose de mes quarts durant la nuit avec le bateau plongeant dans les vagues, sans visibilité, la réflexion de l’écume, le sifflement du vent qui tendait à se renforcer chaque nuit, ainsi que la veille qui n’est pas à prendre à la légère. J’ai tout de même été dans l’obligation de sortir le capitaine de son sommeil à deux occasions du fait de la présence de cargos à l’horizon. Pas toujours facile !!!!! Il comprendra ……..

Donc encore un grand remerciement à tout l’équipage de Bulle d’ O pour cette aventure avec ses moments qui resteront à jamais ancrés dans mon esprit et ce formidable accueil.

Bon vent pour la suite."

Emmanuel


Alexandra en train de faire un gateau pour le départ d'Emmanuel



Vendredi 1er février

Carlisle Bay – Bridgetown - La Barbade au mouillage

La journée est marquée par le départ d’Emmanuel. Après un mois passé avec nous sur Bulle d’O, Emmanuel retourne sur terre… Bon retour à toi, grand Emmanuel et bon courage pour la reprise ! Tu rentres en pleine forme, avec une mine bronzée et reposée qui te va à merveille.




Samedi 02 février

Carlisle Bay – Bridgetown - La Barbade au mouillage

Nous sommes toujours sans nouvelle du colis du CNED posté en France le 18 Janvier. Nous resterons donc à La Barbade encore quelques jours. Cela nous laisse le temps de nous pencher sur nos prochaines étapes. Question toujours ouverte : Antilles du sud ou Antilles du Nord ?. Faire les deux nous paraît trop pour les 4 mois qu’il nous reste aux Antilles. Nous avons en effet envie de prendre notre temps dans les lieux que nous visitons et souhaitons nous imprégner de l’ambiance, des odeurs et couleurs de ces endroits nouveaux pour nous, nous donner le temps d’aller vers les gens, de les rencontrer.
Les Antilles du Sud sont probablement plus sauvages avec les îles Vénézueliennes de Tortuga, Blanquilla, Los Testigos et éventuellement les magnifiques Los Roques et los Aves. Très tentant. Les Antilles du Nord et les Grandes Antilles plus variées et touristiques avec Les îles Vierges, La République Dominicaine, Turks and Caïcos et les Bahamas. Et puis Cuba, incontournable.

Devant ces hésitations, nous allons probablement commencer par la visite des Grenadines, endroit inévitable et très proche de La Barbade (moins de 100 milles).

 





Dimanche 03 février

Carlisle Bay – Bridgetown - La Barbade au mouillage.

Nous partons tôt ce matin pour faire un tour de l’île avec nos copains de Taugl. Nous louons un mini van et nous entassons tous les 9, avec Maxime et Sébastien pourtant bien peu en forme ce matin et un peu fiévreux. Les deux malades passeront la journée à somnoler à l’ombre, allongés sur une banquette. Ils n’auront pas vu grand-chose de notre visite.

La côte Est de l’île, battue par les Alizés et la houle du grand large, nous a séduite avec son aspect « sauvage et beau ». Les déferlantes envahissent la côte et encerclent les rochers de leur écume toute blanche.
La côte ouest est elle bordée de plages superbes, sable blanc et eaux turquoises, mais occupées pour la plupart par des hôtels et complexes touristiques. Bien que La Barbade ne soit ni montagneuse ni volcanique, l’intérieur offre des points de vue sympas, une végétation luxuriante et des couleurs intenses.

 


Vue plongeante sur la côte Est
Cote Est de La Barbade
St John's Church

Yeah Brother.............

Moi je vois un lapin, un ours et un écureuil....

Cath gravissant la colline de Bathsheba....

.... Yeah, je l'ai fait



Lundi 04 février

Carlisle Bay – Bridgetown - La Barbade au mouillage

Les deux garçons sont sur le tapis depuis hier : fièvre (39.5° tout de même), diarrhées pour Max, maux de ventre et de tête. Peut être une intoxication alimentaire (eau, légumes, œufs ?) malgré les précautions que nous prenons (tous les légumes nettoyés au permanganate de potassium), peut être un palu ramené d’Afrique (peu probable mais toujours possible). Max est le plus affaibli et le plus fiévreux. Nous consultons par email notre médecin préféré. Nous avons en effet préparé notre pharmacie de bord avec son aide et pouvons donc plus facilement utiliser les médicaments appropriés quand nécessaire.

Nous décidons tout de même de faire un test « rapid malaria diagnosis » qui nous avait été donné par Stellina, un bateau copain au Sénégal. Le résultat confirme bien que ce n’est pas un palu. Ouf ! et merci encore Isabelle.

 


Maxime, malade au fond de sa cabine



Mardi 05 février

Carlisle Bay – Bridgetown - La Barbade au mouillage

Seb semble ce matin bien remis mais Maxime a toujours un peu de fièvre mais beaucoup moins que les deux jours précédents. Ses problèmes gastriques sont toujours présents. Il est cependant sur la voie de la guérison même si loin d’être en pleine forme. Le diagnostic à distance reçu par email confirme une gastro infectieuse. Merci Alain pour ces consultations bien utiles pour nous. On continue à surveiller nos zouaves et à manger du riz !

Notre séjour ici est une vraie escale tranquille au rythme du CNED des enfants le matin, des baignades dans les eaux superbes de Carlisle Bay, de footing en fin d’après midi le long de la plage, de visites approfondies de Bridgetown et de ses marchés, de temps passé sur le web au « Barber Shop » qui fait aussi cyber café. Le mouillage est très confortable, protégé des vents et de la houle. Pas de stress en vue…

 


Bulle d'O au mouillage de Carlisle Bay

Barbecue à bord du buccaneer

Seb devenu blondinet

Seb avec Olivier sur son annexe à voile faite maison!



Du 6 au 8 février

Carlisle Bay – Bridgetown - La Barbade au mouillage

Nous avons régulièrement des nouvelles de Sodexho et d’HEC. Nos aventures sont même reprises par la newsletter interne d’HEC. C’est non seulement très sympa de leur part mais démontre aussi une ouverture d’esprit qui nous réjouit.

Cependant, le risque d’un retour mouvementé vient tout de même m’effleurer l’esprit. Ce risque fait, il est vrai, tout à fait partie de l’aventure. Par anticipation, nous avons tout de même beaucoup oeuvré avant notre départ pour préparer notre retour, en expliquant et communiquant sur nos motivations profondes et notre souhait de retour dans le monde de l’entreprise. Une façon de faire partager notre motivation et de bien expliquer que notre aventure n’est en aucun cas une fuite devant notre univers du travail. Nos métiers respectifs nous apportent beaucoup comme nous leur avons beaucoup donné. Ils nous ont permis de nous construire tel que nous sommes maintenant, de nous épanouir, de grandir et donner le meilleur de nous même à chaque étape de notre progression.

Mais le cycle est infernal. La balance semble progressivement et inéluctablement pencher vers l’entreprise, qui nous propose toujours plus, plus que nous acceptons donc en appuyant toujours d’avantage sur l’accélérateur.

Notre choix a donc été de dédier une année complète à ce qui nous est le plus cher : notre famille. Consacrer plus que ces quelques week-ends trop courts et encadrés par des semaines aux rythmes endiablés, plus que quelques vacances hachées par des emails inondant notre messagerie, plus que cette vision accélérée du monde.

Une année pour prendre le temps, ensemble. Une parenthèse qui nous semble essentielle à un moment où les enfants sont en âge de profiter et de comprendre, les yeux bien ouverts, que le monde est grand, que les choix sont multiples et que nous avons l’immense chance de pouvoir décider des grandes orientations de notre vie. A nous de nous en donner les moyens et de créer les conditions qui nous permettront de réaliser ce choix. Voila un message qui nous semble essentiel pour nos enfants. Quand on veut vraiment, on peut !

Les enfants sont bien sûr une motivation forte qui ne doit pas non plus cacher notre motivation à nous deux, les parents-enfants que nous sommes aussi. « Un temps pour un rêve » disait Geoffroy dans son livre narrant son année sabbatique en famille…le temps, une notion qui a de plus en plus de valeur à nos yeux. Le temps passe vite, trop vite, et nous ne souhaitons pas le dédier uniquement à notre activité professionnelle au détriment évident de notre vie familiale. Tout est important, ce n’est finalement qu’une question de priorité et de choix.

Cette décision a été collégiale, entièrement partagée et construite ensemble, étape par étape.

L’idée en premier lieu, l’initiation à la voile, à la grande croisière, les stages parents et enfants, le test grandeur nature aux Grenadines (voir résumé), puis l’été dernier sur la côte Atlantique. Pas de problème particulier de ce côté, la motivation est bien là, omniprésente. L’apprentissage est encadré par un super Rochelais qui nous donne toutes les ficelles (les bouts !) essentielles à la réussite de notre entreprise. Bravo et merci Pierrot, ton apport a été déterminant.

Bien sûr, ce choix n’a pas été un choix simple, ni une solution de facilité. Il faut s’en donner les moyens et bien préparer l’avant voyage. Gérer en parallèle notre préparation au voyage, notre communication dans nos entreprises respectives puis la passation de nos responsabilités. Sonder en premier lieu, introduire l’idée en douceur (deux ans avant), et surtout, essentiel nous en sommes convaincus, donner du temps à l’entreprise pour organiser le remplacement avec le moins de difficultés possibles. Les obstacles se lèvent un à un. HEC et Sodexho donnent leur feu vert entre septembre et décembre 2006, soit 10 mois avant. Un soulagement immense mais qui signifie pour nous deux le début d’une période difficile. Bien réussir notre départ demande un investissement encore plus important. Jongler entre la réussite irréprochable de nos derniers mois dans nos positions respectives, acheter un bateau, le préparer et nous avec, demande un investissement de tous les instants.

Le choix du bateau a été finalement un choix assez simple. Un cata, évidemment, même avec le relatif surcoût que cela représente: de l’espace et surtout pas de gîte, indispensable pour que les enfants puissent travailler dans de bonnes conditions. Le Kronos 45 s’est ensuite imposé dès sa première visite : rassurant (un très bon comportement marin), plaisant (une sensation de plaisir à la barre) et équilibré (confort/équipement/performance). Cerise sur le gâteau un gréement carbone tout neuf qui nous plaît bien avec un mât rotatif et des voiles en spectra.


Outre les divers stages nautiques faits par les parents (Macif Centre de Voile) et par les enfants (Jeunesse et Marine), la préparation de l’équipage comprend également une initiation à la médecine en condition d’isolement (via l’Association STW, Sail The World  et l’IEF Santé, super et indispensables), la préparation minutieuse de la pharmacie de bord (y compris le traitement anti-palu nécessaire pour le Sénégal), la revue des médecins et dentistes avant le départ pour nous cinq, les bilans sanguins, les vaccins, le passage du permis hauturier et du certificat de radiotéléphoniste pour l’utilisation de la VHF (Catherine s’y est collée), arpenter les salons nautiques de Paris et de la Rochelle, et puis les lectures marines pour parfaire la culture générale (tous les Moitessier bien sûr, le Damien, l’odyssée de l’endurance de Sir Shackelton, les 3 tomes des révoltés de la Bounty, les magazines spécialisés…)

La préparation consiste également pour nous, à donner un sens encore supplémentaire à notre voyage. Voyager oui, mais voyager utile nous tenait à coeur, influencés et conditionnés que nous sommes tous les deux par le monde hyper exigeant de l’entreprise, où chaque instant doit être productif. Un voyage d’un an qui n’est pas synonyme de farniente, chemise à fleurs et guitare ! Contradictoire avec notre souhait de prendre le temps…mais finalement pas tant que çà. Le voyage en voilier nous remet sur un rythme complètement différent. Finie la course et place à l’écoute et au respect de la nature. Les éléments décident pour nous de notre route, de notre allure et de notre jour d’arrivée. Un grand changement.

Le message aux enfants nous l’avons vu, passer d’un monde virtuel à la réalité de notre environnement, quoi de mieux que de le vivre en proposant notre contribution à une association humanitaire. C’est alors que, guidés par nos amis Elisabeth et Guy qui avait vécu cette expérience deux ans avant sur Meyowenti, nous nous sommes intéressés à VSF (Voiles Sans Frontières). Un dîner avec Thomas (le président) nous apprend le fonctionnement et la vocation de VSF (voir son interview) ainsi que les différents apports que nous pouvons offrir. Trois possibilités sont proposées aux voiliers : transporter du matériel et des médicaments jusqu’au Sénégal,  être une plateforme logistique pendant un mois pour servir de camp de base aux médecins, dentistes, opticiens volontaires et bénévoles qui interviennent dans la région du Saloum, réaliser une mission auprès d’un collège du Siné Saloum afin de détecter les besoins et proposer un partenariat scolaire. Nous sommes tous les cinq enthousiastes devant cette opportunité et nous laisserons guidés par Thomas pour la mission auprès du collège en plus d’un transport de matériel. Nous ne regretterons pas cette décision. Notre séjour au Sénégal aura marqué notre année.

 


Tiens, un visiteur sous marin, à neuf mètres de fond (Maxime)


En pleine eau..

...et je remonte à la surface prendre un peu d'air



Samedi 09 février

Carlisle Bay – Bridgetown - La Barbade au mouillage

Suite de notre interrogation sur les dauphins : dorment ils ?
Voici la réponse trouvée dans un livre de Bernard Werber (Nous les Dieux) et également communiquée par Clémence par email en réponse à sa copine Alexandra sur son blog :

« Le dauphin est un animal marin. Respirant l’air, il ne peut pas vivre longtemps sous l’eau, comme les poissons. Ayant la peau très fragile, il ne peut pas rester longtemps à l’air sous peine de la voir rapidement détériorée. Donc il doit être à la fois dans l’eau et dans l’air. Mais ni complètement dans l‘air, ni complètement dans l’eau. Comment dormir dans ces conditions ?. Le dauphin ne peut pas rester immobile, au risque de voir soit sa peau s’assécher soit de s’asphyxier. Mais le sommeil est nécessaire à la régénération de son organisme, comme d’ailleurs de tous les organismes. Pour résoudre ce problème de survie, le dauphin dort éveillé. Il dort avec l’hémisphère gauche de son cerveau et fait alors fonctionner son corps sous le contrôle de l’hémisphère droit. Puis il alterne. Il repose l’hémisphère droit et c’est le gauche qui dirige l’organisme… Pour parvenir à un fonctionnement correct de ce système de bascule d’un cerveau à l’autre, il s’est créé une adaptation, une sorte de troisième cerveau qui gère l’ensemble. »

Ainsi quand nous voyons le dauphin sauter dans la houle en pleine nuit, il est aussi certainement en train de dormir !




Dimanche 10 février

Carlisle Bay – Bridgetown - La Barbade au mouillage

Nous rencontrons Laetitia, Jérôme et leurs 3 filles, tous les cinq expatriés à La Barbade depuis 6 mois. Il y a pire ! Nous nous laissons sympathiquement inviter chez eux pour un dîner qui marquera le retour en forme de Max (au vue du nombre de tranches de rôti avalées…)
Merci encore à vous Laetitia et Jérôme pour cette super soirée. Notre aventure a semblé vous séduire. Alors n’hésitez pas, à la première occasion, mettez les voiles!


Diner très sympa dans une famille française habitant La Barbade depuis 6 mois et que nous avions rencontrée le matin même



Lundi 11 Février

Nuit en Mer entre la Barbade et les Grenadines. Vent 20 nœuds,  plein Est, Cap 270°, mer peu agitée avec une belle houle tout de même.
Ciel dégagé, température à 02H00 du mat : 27.5°. Voiles : GV avec deux ris (anticipation d’un grain éventuel, Génois  en ciseau.
vitesse 7 nœuds.

Le CNED est toujours bloqué à Londres (alors que posté le 18 janvier tout de même). Très belle performance, il a mis 10 jours pour aller de Buc à Chilly-Mazarin avant de s’envoler pour Londres où les anglais attendent probablement un nombre suffisant de colis pour les envoyer vers La Barbade !! Vive le colissimo. Pour ne pas attendre plus longtemps, Catherine a passé des heures sur le web à télécharger tous les cours et devoirs de Sébastien puis les a imprimés sur Bulle d’O.
Alors, c’est décidé, on met les voiles, cap sur les Grenadines. On va se descendre tranquillement  ces petites îles magiques avant de foncer sur les îles du Venez. Trinidad et Tobago, on verra.

Je suis toujours un peu tendu avant de prendre la mer. Inquiet, concentré, je fais le tour du bateau : le gréement, les voiles, les bouts, les étraves, le pont, les cales moteurs… Tout va bien. Tout l’équipage est à l’œuvre. On range l’intérieur, l’extérieur, rien ne doit traîner. On fait le plein d’eau (800 litres) au port de pêche où l’eau est disponible, gratuitement. Enfin, le départ, il est 19H00. 95 milles à parcourir, nous devrions arriver demain matin, une fois le soleil levé.


Passage d'un grain suivi d'un magnifique arc en ciel