Balade en Casamance
Ile de Karabane - Ziguinchor



Navigation au près au large de la Casamance
Navigation au portant sous gennaker et Génois


Mardi 04 Décembre

Aujourd’hui au programme nous avons près de 100 milles à parcourir pour arriver à l’embouchure du fleuve casamance.
La difficulté sera d’éviter les nombreux bancs de sable bien sûr non signalés et de trouver la sortie de l’embouchure du Diomboss vers le large.

Nous avons donc quitté hier la pointe Jackonsa vers 15H00 en compagnie d’Ad Hoc. Départ  avec la marée descendante pour avoir les courants favorables et tenter d’arriver en matinée sur la Casamance.

La première partie de la navigation s’est faite au large de la Gambie où nous slalomons véritablement entre les pirogues de pêche, les casiers, les filets dérivants, quelques dauphins et les bancs de sable. Le tableau est superbe. Ad Hoc a hissé son spi et nous filons avec le gennaker d’un coté et le génois de l’autre (donc sans GV). Une première pour nous très réussie. L’allure est très agréable et très stable en vent arrière, mieux qu’avec la GV qui menace toujours un petit peu d’empanner en cas de bascule du vent. A renouveler.
Nous restons tous bien attentifs et malgré cela Ad Hoc se retrouve pris à la tombée de la nuit dans un filet dérivant. Il affale le spi. Une pirogue arrive rapidement à son côté et tente de relâcher cette proie un peu inattendue. Le filet est finalement coupé, le pêcheur indemnisé symboliquement et nous pouvons reprendre notre route.

Le vent qui soufflait tranquillement autour de 15 nœuds se lève soudainement en pleine nuit et atteint les 25 à 30 nœuds. Nous enroulons nos 120m² de gennaker à 04H00 du mat avec un peu de difficulté. Au dessus de 20 nœuds cela devient sportif (difficile à enrouler correctement).

L’arrivée sur la Casamance se fait au près, avec un vent toujours fort qui lève une petite houle très très inconfortable. Résultat : le mal de mer me prend soudainement et m’envoie à deux reprises me pencher au dessus des filières pour donner à manger aux poissons. 15 minutes après, je vois Maxime sortir de sa cabine à la hâte, en caleçon, la bouche pleine pour effectuer la même opération. Quelques minutes se passent et c’est au tour d’Alexandra… Pas fier l’équipage ! Seuls Sébastien et Catherine y résistent.

Nous bataillons toute la journée contre ce vent inattendu qui ne se calmera qu’en milieu d’après midi. Nous pouvons alors nous diriger vers les passes de l’entrée de la Casamance. La mer déferle de toute part mais l’entrée est très bien balisée, résultat du naufrage malheureux du Diola, bateau reliant Dakar à Ziguinchor. Ce drame avait fait 2 000 morts il y a deux ans. Le bateau qui était prévu pour 500 passagers n’avait pu résister à une telle surcharge. Le Wilis, la nouvelle navette, circule maintenant avec des règles beaucoup plus strictes et un balisage précis tout au long de la Casamance.

Nous mouillons en face de l’île Karabane dans un décor de carte postale. Nous sommes tous bien fatigués. La nuit va être divine.


Ad hoc pris dans des filets dérivants. Une pirogue arrive immédiatement pour récupérer le filet.
Ad Hoc fait 13 mètres, la pirogue un peu plus!


Sortie du Saloum en fin de journée au large de la Gambie
Bulle d'O sous génois seul au large de la Gambie et ces trop nombreuses pirogues que l'on va croiser toute la nuit


Ad Hoc sous spi avant qu'il ne se prenne dans un filet dérivant

Jean Pierre, Philippe et Sweety à bord d’Ad Hoc.
Nous passerons de bons moments ensemble



Mercredi 05 Décembre

Ile de Karabane - Casamance

Le vent s’est de nouveau levé en pleine nuit comme la veille. Nous sommes tous réveillés par le clapot à 04H00 du mat. C’est raté pour la nuit divine ! Ad Hoc derrière nous voit même son ancre chasser et doit changer de position. Bulle d’O lui ne bouge pas mais son roulis nous fatigue un peu. Le vent ne se calmera qu’en milieu d’après midi. Nous décidons donc de faire une petite visite sur l’île et de nous offrir un resto dans une paillote sur la plage. Délicieuses crevettes de Casamance !
Les premiers contacts que nous avons avec les Diolas (ethnie de Casamance) sont super. Accueillants, souriants, sereins…Ils nous semblent également peut être un peu plus proches de notre culture de part le fait que l’islam est un peu moins présent ici.

En fin d’après midi, nous décidons de changer de mouillage et de nous abriter pour la nuit.

Les enfants sont aujourd’hui à la fête. Patty (notre belle sœur) nous communique les notes reçues du Cned. Elles sont toutes excellentes. Merci à Patty pour le temps qu’elle passe à superviser les échanges avec le Cned pour nous, à scanner les corrigés, à classer les multiples envois et bravo aux enfants à qui le Cned réussit.


Philippe et Jean Pierre (Ad Hoc) débarquent sur Karabane

Arrivée sur Karabane, petite île à l'embouchure de la Casamance



Scène de pêche sur la Casamance
Ca , c'est la Casamance


Jeudi 06 Décembre

Remontée de la casamance jusqu’à la pointe Djoucoute

La Casamance est un fleuve beaucoup plus large que le Siné Saloum. L’eau y est salée au moins jusqu’à Ziguinchor. Les marées montantes et descendantes rythment son cours d’eau. Le courant peut donc y être fort, nous l’avons constaté à plus de deux nœuds lors de notre remontée avec la marée montante cet après midi. La navigation se fait au moteur et pourrait se faire à la voile avec un vent favorable (probablement à la redescente).
Nous glissons vers Ziguinchor à plus de 6 nœuds et croisons de nombreuses pirogues de pêcheurs. Nous achetons à l’un d’eux quelques poissons pour le dîner que nous partagerons avec Philippe et Jean Pierre (équipage Ad Hoc).
Nous mouillons à la tombée de la nuit dans un bolong bien protégé. Le calme y est total.



Le Wilis navigue vers Dakar pendant que nous nous dirigeons vers Ziguinchor

La mère.....

....et la fille

pianotent des SMS en navigation

 

Vendredi 07 Décembre

Nous continuons notre route vers Ziguinchor que nous atteignons en fin d’après midi. La remontée du fleuve est géante. Les trois enfants se postent sur les trampolines avant pour apprécier. De multiples pirogues sont occupées à pêcher au filet nous offrant des scènes magnifiques. Nous arrivons au niveau de l’île aux oiseaux en fin de journée : pélicans, cigognes, flamands roses et échassiers de toutes sortes et un coucher de soleil géant. On a beau en avoir tous les soirs, on trouve toujours cela aussi sympa.

Nous nous posons dans l’obscurité en face de l’hôtel Kadiandoumagne où quelques autres bateaux sont installés.


Bulle d'o au large de la Gambie avec génois et gennaker en ciseau, sans GV. Ad Hoc devant sous spi


Samedi 08 Décembre

Ziguinchor

L’hôtel Kadiandoumagne est composé de grandes cases type colonial, d’une piscine entourée de chaises longues et parasols en lin (pour vous faire rêver !), d’une végétation bien soignée, de palmiers et d’un fromager grandiose en arrière plan pour bien compléter le tableau. Le plus indispensable pour nous est un ponton flottant, bien pratique pour débarquer à terre. Nous sommes également tous très impatients de pouvoir profiter de la borne wifi afin de récupérer nos messages et mettre à jour notre site.

Ce matin, nous sommes partis à la découverte de la ville à pied. Nous sommes surpris par le calme et le peu d’activité pour une ville aussi importante (220 000 habitants). Les rues sont grandes, encadrées par des bâtiments coloniaux autrefois superbes mais malheureusement pas suffisamment entretenus. Les arbres sont immenses et peuplés d’oiseaux dont une multitude de cigognes sur chaque arbre. Chacune construit patiemment son nid et pour cela nous gratifie d’un balai continu afin d’aller chercher les brindilles dans la mangrove sur l’autre rive du fleuve.

Les courses chez les commerçants Libanais sont vites faites. Riz sénégalais en vrac (300CFA/Kg soit 0,5€/KG), tomates pelées, maïs, confiture, moutarde, eau minérale en bidon de 5L, dentifrice. Notre alimentation est désormais principalement axée sur les féculents (Riz, pates, patates) et sur les produits de la mer (poissons, crustacés). Très peu de légumes frais. Quelques tomates et courgettes, beaucoup d’oignons et du chou (blanc et rouge s’il vous plait). Nous comptons sur cette étape pour reconstituer notre stock de fruits et légumes. Pour tous les autres produits de base (huile, farine, condiments, pâtes, conserves, jambon, charcuterie, fromage, produits d’entretien etc.), nous vivons encore beaucoup sur les grands pleins faits en France et aux Canaries.

Les petits-déjeuners sont agrémentés de délicieuses baguettes (à Ziguinchor) où de pain fait dans les villages (très bon même si le sable craque un peu parfois sous la dent).


Cigognes en plein centre ville de Ziguinchor
Max et Seb arrivent en annexe sur le ponton flottant du Kadandoumagne
Déjeuner au bord de la piscine

Nouveaux livres achetés à Dakar pour compléter la bibliothèque des enfants.
Alexandra dévore tous les Werber


Dimanche 09 décembre

Ziguinchor

Ce matin, petit tour au marché aux poissons. Nous y allons en annexe avec Sébastien et Jean Pierre (Ad Hoc). Beaucoup de monde mais pas de bousculade. On nous interpelle gentiment. Alors, on prend le temps de saluer (indispensable), de discuter, de regarder, de rigoler : « Tu ne veux pas acheter ? pas de problème. On se serre la main. » Les poissons sont énormes : Barracudas, Capitaine et Carpes principalement mais aussi quelques coryphènes et bien sûr des paniers entiers de poissons chats et de mulets, les poissons les plus communs et les moins goûteux. Un coin du marché est réservé aux crevettes et gambas.
Nous repartons avec 4KG de crevettes fraîches et deux capitaines de 2KG chacun. Bonne journée en perspective !

VSF reprend contact avec nous par l’intermédiaire de Thomas depuis le salon nautique de Paris. Il aurait une piste pour faire financer le fonctionnement de la cantine scolaire du collège de Bassoul. Il nous demande de chiffrer ce projet. Je vais reprendre contact avec le principal du collège rapidement. Thomas me dit aussi que Multicoque magazine serait intéressé pour faire un article sur notre périple. On va y réfléchir.

De peur que l’on nous oublie un peu J et aussi parce que nous étions restés plus de deux semaines sans donner de nouvelles, nous avons envoyé un petit email pour annoncer la mise à jour de notre site. Résultat, des dizaines de réponses et messages de sympathie en retour. Ça nous fait super plaisir. Merci !


Marché aux poissons de Ziguinchor. Transport de barracudas et capitaines

Barracuda de 5,5 KG

Etal au marché au poisson: capitaine à gauche, lottes à droite (ou poisson perroquet) barracudas en haut

Le barracouda est transformé en filets



Rencontre étonnante


Lundi 10 décembre

Ziguinchor

L’option navigation sans trop de problème a bien marché… le troisième mois. Il est vrai que l’on entre dans notre quatrième mois (hier) et que je n’ai pas encore choisi l’option qui va bien. Manque d’anticipation capitaine Bertrand. Encore un peu jeune…
Je voyais bien une légère anomalie sur l’ampèremètre du bord. Les ampères rentraient bien et malgré cela la tension des batteries chutait petit  à petit.
Ce matin je constate un 11,98 volts qui ne me plait pas du tout. Beaucoup trop bas. Après un check up complet, le diagnostique est vite établi. Une des six batteries de service est complètement HS. Un probable court circuit interne. Je la mets donc hors circuit et décide de recharger les cinq restantes.
Le groupe électrogène qui a pour vocation de recharger les batteries et qui nous a embêté pendant un long mois entre les Baléares et les Canaries, refuse alors de fonctionner normalement. La loi des séries marche à merveille. Je ressors les trousses à outil et rameute le capitaine AD Hoc qui vient me donner un coup de main avec plaisir. Nous constatons que la pompe électrique d’alimentation en diesel est hors service. Le problème vient du circuit intégré. Cela va être compliqué à réparer ici.
Le plan de bataille s’organise alors rapidement :

  1. Trouver un électronicien pour réparer ici. Ce n’est peut être pas grand-chose (optimisme béat !)
  2. Appeler Accastillage Bernard (je les connais bien maintenant) et voir si ils ont en stock la pompe en question.
  3. On garde le moral. Le problème est embêtant mais pas bloquant. Et puis, je n’avais qu’à prolonger mon option pas de problème à bord…
  4. Il va falloir faire les pleins d’eau avant de repartir. Sans groupe, notre déssal ne marche pas.

Les enfants ont trouvé leur place à bord et semblent super épanouis. Ils sont en plus ravis de pouvoir profiter de la piscine du Kadiandoumagne.
Sébastien aime beaucoup m’assister dans tous les travaux de réparation ou d’entretien de Bulle d’O. Il est toujours partant pour donner un coup de main, posant des tas de question pour bien comprendre le problème et se faire son idée. Maxime regarde cela avec un peu plus de distance. Il est beaucoup plus intéressé par la pêche ou par la lecture. Alexandra continue à nous régaler avec des recettes qu’elle découvre : Gâteaux, tartes, cookies, crêpes sucrées et salées, mousse au chocolat, sauces en tout genre, salades, pommes de terre sautées. Elle y passe beaucoup de temps pour son plus grand plaisir et pour le nôtre !



Cath et sa fille chérie


Mardi 11 décembre

Ziguinchor

Tour de la ville avec ma pompe diesel en main. Beaucoup de contacts mais peu de résultats. En compagnie de Sébastien, nous commençons par un garage proche de l’hôtel où un Edu, un électricien, passe une bonne heure à faire ce qu’il peut. Il nous envoie ensuite en ville rechercher la pièce défectueuse et là, le grand tour commence. Une première boutique : « non, il n’y a pas. Va voir chez Bara Thiam, lui il a sûrement ». Bara Thiam : « il n’y a pas ici. Va voir chez casey, en face de «la pharmacie de Boucotte » et ainsi de suite toute l’après midi. Impec pour visiter la ville mais un peu fatiguant.
Nous laissons finalement la pompe à un « réparateur » qui va essayer de trouver la pièce défectueuse. Nous repasserons demain.

Emmanuel (le frère de Catherine) nous confirme qu’il sera bien au Cap Vert pour embarquer sur Bulle d’O et faire avec nous la transatlantique. Un renfort de choc pour cette aventure. Emmanuel devrait nous rejoindre fin Décembre, les valises pleines de pièces détachées (une pompe diesel par exemple) et de compléments bien utiles à la suite de notre périple : entretien du bateau, matériel de pêche,  livres supplémentaires, 2ème série des cours du CNED…

Notre programme pour le mois à venir se construit donc peu à peu. Encore deux semaines en Casamance où nous avons des tas de bolongs et villages à découvrir. Il parait que c’est extra. Puis départ pour le Cap vert ou nous devrions avoir trois à quatre jours de pleine mer. Nous nous méfions un peu de cette traversée qui devrait se faire au près, avec une mer cassante. Nous allons préparer le bateau en fonction (autant que possible).
Une à deux semaines au Cap vert (îles à choisir car il y en a beaucoup) puis la transat. Chouette. Ça va être grand.


Alexandra qui “Cned” dans sa cabine et qui ne voulait pas que je la prenne en photo!


Seb et Max, complices
Seb et Max complices dans les grimaces


Max toujours tout sourire


Mercredi 12 décembre


Ziguinchor

Marché aux poissons tôt ce matin pour honorer notre dernier dîner avec Ad Hoc avec un bon Barracuda. Philippe retourne en effet sur Dakar chercher son fils qui vient le rejoindre pour la transat. Ils vont eux traverser sur Salvador De Bahia au Brésil.

Marché de Boucotte : fruits et légumes, tissus, artisanat et toute sorte de choses en vrac. Un marché authentique et vivant.

Nous nous lançons ensuite dans un plein de diesel qui nous prend toute l’après midi : 150 litres en bidons de 20 litres, en taxi depuis la station en ville puis en annexe jusqu’au bateau. J’en mets plein les jupes. Pas très doué !

Nous devrions partir d’ici quelques jours. Il nous reste à faire le plein d’eau, les formalités de sorties (Ziguinchor est le seul endroit possible en Casamance), à mettre notre site à jour (plus de connexion internet avant le Cap Vert) et à récupérer notre pompe diesel !


Notre taxi a quelques problèmes. Nous devrons le laisser avec son moteur tout fumant!


Notre fournisseur de tissu au marché de Boucotte

On ne peut pas se plaindre d'un manque de choix...



Marché artisanal de Ziguinchor. Plus vrai que nature!



Jeudi 13 décembre

Ziguinchor

Le petit bug que nous avions constaté sur notre rubrique « où sommes nous » est maintenant réglé. Notre balise DMR cachée sur Bulle d’O émet deux fois par jour notre position par satellite et permet de nous localiser à notre insu !

En allant sur cette rubrique, vous arrivez maintenant directement sur la carte qui positionne Bulle d’O (possibilité de zoom pour arriver à la carte super détaillée).

Pour voir notre parcours, aller sur Quick Map puis Asset Name choisir Bulle d’O dans le menu déroulant (seul choix), choisir les dates de début et de fin où vous voulez voir notre itinéraire, une fois sur la carte vous pouvez zoomer in (Plus détaillé) ou out (plus grande échelle)

Je réussis enfin à nettoyer mon appareil photo, mon compagnon fidèle de toutes les balades. Des poussières sont venues se coller sur le composant électronique situé à un endroit impossible d’accès. Résultat : le viseur est relativement propre mais les photos ont toutes des tâches très visibles, surtout avec des couleurs claires. Et plus je nettoie le miroir intérieur, plus les tâches se multiplient. Déprimant ! La boutique Kodak de Ziguinchor me donne le truc : se mettre en pose (B) afin d’ouvrir le diaphragme et nettoyer très délicatement avec un coton tige et un peu de nettoyant antistatique. Eureka. Ça marche. J’ai le sourire !.


Ponton du Kadiandoumagne
Les enfants avec Bienvenue, leur grand pote du Kadiandoumagne

 


Isabelle, Christophe et leurs deux filles qui viennent nous rendre visite. Un grand bonjour à Tahoma avec qui ils avaient navigué il y a deux ans
Nouveau design extérieur pour les repas pris sur Bulle d'O. A noter aussi le pain frais du matin. Un régal...
merci Stellina !


Vendredi 14 Décembre

Ziguinchor

Grand nettoyage de Bulle d’O à l’eau douce. Nous y passons une bonne partie de l’après midi mais que cela fait du bien. Le bateau était tout couvert de sable et de sel et je craignais un peu de voir ce sel attaquer les winchs ou les coutures des voiles ou du taud.

L’eau est disponible en bout de ponton du Kadiandoumagne au prix de 4 Francs CFA le litre (soit 4 centimes de Francs Français de l’époque). L’opération est tout de même un peu sportive. Nous devons avancer Bulle d’O jusqu’au ponton où il y a peu de fond (2 mètres) en prenant garde aux courants et marées. Nous installons ensuite des filtres de 25 et 5 microns en bout de robinet afin de bien nous protéger du sable très présent dans l’eau. L’eau est ainsi propre et buvable, avec tout de même un bon petit goût de javel. Nous boirons en priorité de l’eau bidonnée produite par notre déssal.

Nous poursuivons la journée avec la visite de l’alliance française et sa case à impluvium* puis au marché artisanal et enfin au grand marché de Boucotte. Un régal que les enfants découvrent. Nous nous frayons un chemin dans des rues en terre surpeuplées. Arachides, pommes de terre, oignons, fleurs de Bissap (que l’on fait bouillir dans 1,5 litres d’eau et qui produit un jus délicieux et excellent pour la santé), tissu pour faire une tenue pour Alexandra, sandales pour les enfants (les pieds grandissent vite !)

*Case à impluvium: Dans la plupart des villages Diolas de Casamance,  vaste case ronde traditionnelle en pisé, bois de palétuvier et toit de chaume. L’eau de pluie se déverse dans un grand réservoir au centre de la case grâce à une ouverture aménagée dans le toit.

 


Case à impluvium de l’Alliance Française
Alexandra tout sourire


Pirogue de transport de passagers


Samedi 15 Décembre

Ziguinchor

Nous faisons les formalités de sortie à la capitainerie du petit port de commerce de Ziguinchor. Tout se passe simplement et rapidement.
Je complète le plein de diesel et d’essence (pour l’annexe)
Nous sommes parés au départ. Seule insatisfaction : le groupe ne peut fonctionner. J’ai bien cru avoir réparé la pompe à diesel mais une fois la pompe montée, le moteur s’est mis à chauffer. Je la changerai avec celle qu’Emmanuel va nous amener au Cap Vert.

Notre carnet d’adresses de Ziguinchor :

- Epicerie SAM – Rue Javelier : Sympa, pas cher, change le plus intéressant de la ville. Livraisons gratuites

- Superette Sara (parallèle à rue Javelier): la plus occidentale ; un peu plus chère mais plus complète. Entrecôtes imports super bonnes
(4 700CFA/Kg soit 47 FF +/- 7,00€). Un ex de prix : Lait à 1 050 CFA (1,60 €) contre 890 CFA au Casino de Dakar. Livraisons gratuites

- Sara matériaux : perpendiculaire à rue Javelier en allant vers superette Sara. On y trouve des cartouches de filtres 5 microns, du WD40, de l’huile moteur et des outils (quincaillerie).

- Marché Boucotte : tout y est moins cher et beaucoup plus coloré. Il faut y aller. Pour les tissus, demander « l’américain ». Grand choix et prix annoncés bons dès le début (1 000CFA le yard). Pas d’arnaque et très sympa.

- Marché de l’escale – rue Javelier. Fruits et légumes un peu plus chers qu’à Boucotte mais les femmes qui vendent sont très sympas. On y trouve tomates, choux, courgettes, aubergines, concombres, PDT, courges, oranges, pamplemousses, citrons, papayes, ananas etc. Il faut tout négocier. Ne pas acheter le poisson ici.

- Marché aux poissons : Un must. Très coloré et très sympa. Le poisson et les crevettes y sont frais et pas chers (Crevettes à 1 000CFA/KG, Le barracuda ou capitaine : 1600 CFA /KG). Demander à ce que l’on vous prépare les poissons en filet.

- Ahmad Chehadi : Vieux libanais rue Javelier. J’ai pu y faire réparer ma pompe diesel (réparation qui n’a pas tenu mais il m’a semblé le plus compétent de ceux que j’ai rencontrés à Ziguinchor…). Discussions très difficiles (car presque sourd) mais très intéressantes. On peut s’aider d’un papier/crayon pour se faire comprendre, mais il parle beaucoup de toutes les manières.

- Bara Thiam rue Javelier : tout ce qui est petit électronique

- Diesel : deux stations rond-point Jean Paul II. Diesel : 630CFA/L)

- Mélange pour moteur hors bord : Ponton à coté du Kadiandoumagne, mélange pour « pirogue » à 550CFA/L et oui, moins cher que le diesel).


Rare photo de nous 5 sur Bulle d’O

Lors de notre remontée de la Casamance au moteur