Découverte du Siné Saloum

Village de Djifer tôt le matin dans l'entrée du Siné Saloum



Mardi 20 Novembre


Nuit au mouillage dans la mangrove, Bassar - Sine Saloum

La nuit de navigation vers le Saloum s’est passée impeccablement. Vent entre 10 et 15 nœuds, au portant puis au bon plein au petit matin. Nos deux équipiers s’intègrent immédiatement à la vie à bord et sont tout de suite adoptés par les enfants (et les plus grands !).

Premier diner avec nos deux nouveaux équipiers Pierre et Thomas (monsieur le Président de VSF)


L’arrivée dans l’embouchure du Saloum est un peu sportive. Il nous faut trouver la passe et profiter d’un étal pour entrer sans trop de courant. La pleine mer est à 06H00 du matin. Ensuite, viser un petit château d’eau dans le 120°, longer la côte à quelques 20 à 30 mètres de la plage (c’est très très près) avant de basculer sur le Saloum. Nous contournons Djifer au lever du jour et croisons une horde de pirogues pêcheurs qui partent avec les premiers rayons du soleil. Magique.

La navigation dans les bolongs (bras du fleuve dans la mangrove) est ensuite extraordinaire. Le fleuve est bordé de palétuviers avec au loin des silhouettes gigantesques de baobabs et fromagers qui se détachent et confèrent au paysage un air majestueux. Le calme est absolu. J’ai les yeux rivés sur le sondeur qui oscille entre 10 mètres au plus profond et moins de deux mètres pour le passage le plus chaud (Bulle d’O a un tirant d’eau de 1m20). On se régale.


Arrivée sur Djifer, côté Atlantique
Village de Djifer


“Toubabs, Toubabs....Bonjour, comment tu t'appelles?”

Les premiers contacts avec les enfants dès notre arrivée à Bassar


 

Paysages des îles du Saloum

Mercredi 21 Novembre

Nuit au mouillage dans la mangrove, bassar - Sine Saloum

Premiers contacts avec le village de Bassar. L’accueil des enfants est incroyable : sourires, yeux pétillants de curiosité,  quelques mots de français, suffisamment pour se faire comprendre : toubab (blanc), toubab… bonjour…. Comment tu t’appelles ? Comment ça va ? Ils se sont tous hissés dans les palétuviers pour nous voir et nous interpeller.

Nous débarquons et sommes accueillis plus formellement par la « matrone » (sage femme) du village, Seynabou, contact privilégié de VSF. Seynabou nous fait visiter son village : l’école primaire, le collège commun avec le village voisin de Bassoul, les puits d’eau (salée puisque le fleuve Saloum est salé), la mini centrale solaire (qui ne marche plus depuis deux ans), le générateur qui produit de l’électricité pour deux villages de 18H00 à minuit, la mosquée et l’ensemble des personnes présentes dans le village. Impensable de se croiser sans se saluer longuement, se serrer la main, se demander des nouvelles, se sourire, se décliner les interminables formules de politesse.

Le village n’est pas misérable. Il est poussiéreux mais pas sale. Pas de tourisme, pas de mendicité, aucun harcèlement. Des enfants partout, sourire aux lèvres. L’Afrique comme on l’aime.


L'équipage de Bulle d'O se rend à terre

Notre arrivée à Bassar


Les enfants du village toujours prêts à venir nous entourer
Au pied de l'arbre à palabre de Bassar
Scènes de vie à Bassar


Jeudi 22 Novembre

Mouillage dans la mangrove à Bassar

Il fait une chaleur étouffante. Entre midi et 16H00, tout s’arrête. Toute activité humaine est quasi impossible. Bulle d’O somnole avec son équipage.

Ces deux jours passés dans le village de Bassar nous ont beaucoup apporté. Mr Sané, le directeur du collège, nous fait visiter son établissement et nous présente classe par classe à tous les élèves. Beaucoup de respect, discours du directeur puis du professeur. Quelques élèves se présentent : « je m’appelle Donko Geye, j’habite à Bassar et je suis en 4ème B. Je vous souhaite la bienvenue. ». C’est ensuite au tour des « nôtres » de prendre la parole et dire qui ils sont, avec un grand sourire. Ils ont les yeux encore une fois grands ouverts.

Mr Sané nous oriente plutôt vers des échanges entre élèves sénégalais et français. Le projet de cantine scolaire n’est pas vraiment sa priorité, il préfèrerait des stocks de denrées (riz, huile, sel) plutôt qu’un toit pour la préparer…

Sur une suggestion d’Alexandra qui souhaite pouvoir rencontrer les enfants de son age et mettre un visage sur la personne avec qui elle va correspondre, nous prenons rendez vous pour permettre aux enfants de participer à un cours de leur niveau. Le directeur trouve cette idée « magnifique ». Nous reviendrons donc Mardi.


Chemin entre Bassar et Bassoul: 20 minutes de marche magique


Cours de récré du collège de Bassoul
Bertrand avec le principal du collège, une vraie complicité


Vendredi 23 Novembre


Mouillage dans la mangrove à Bassar

Nous visitons l’école primaire de Bassar dans la matinée avec en plus une présentation colorée de chants des enfants à chacun de nos passages dans leur classe. 5 classes en tout du CP au CM2 avec chacune 30 à 40 enfants.
Les enfants ont tous une petite ardoise devant eux. Ils ont aussi un cahier ou ils recopient ce que leur professeur marque au tableau. Les professeurs sont tous très chaleureux et véritablement contents de nous voir nous intéresser à eux.

Le Sénégal en quelques chiffres :

  • 12 Millions d’habitants dont 3 millions à Dakar
  • 42% de la population a moins de 15 ans
  • Taux d’alphabétisation : 40% mais plutôt 25% à 30 % pour les filles
  • 3 millions de Sénégalais vivent à l’étranger.
  • Superficie : 196 000km2
  • Espérance de vie : 51 ans
  • PIB : 1 800 USD/habitant
  • Population musulmane à 90 %


Enfants de l'école primaire de Bassar

 


Samedi 24 Novembre


Mouillage à Mar Lodj – Siné Saloum

J’accompagne ce matin Thomas qui se rend au centre de soin de Bassar pour y rencontrer Moussa, l’infirmier de la région. L’accueil est froid, réservé. Thomas et Moussa se connaissent de la mission VSF de l’année passée. Petit à petit on croit comprendre la crainte de Moussa qui souhaite éviter de se voir court-circuité. Il se livre progressivement. L’intervention des Toubabs peut en effet venir décrédibiliser la sienne. Thomas écoute et acquiesce.

Moussa souhaite s’assurer que l’action des toubabs soit bien pérenne. Sa vision de l’aide occidentale en Afrique est en fait très claire, lucide et très bien exprimée :

  • Partir des besoins terrains : trop de matériel inadapté moderne et cher est envoyé en Afrique. Les exemples pleuvent : matériel ultra moderne à l’hôpital de Foundiougne (chef lieu de la région) dont personne ne sait se servir et inadapté aux conditions rustiques de l’hôpital, ordinateurs au collège de Bassoul alors qu’il n’y a pas d’électricité et beaucoup trop de poussière.
  • L’aide humanitaire doit être accompagnée en retour de résultats et d’obligations pour les africains : exemple de l’intervention de Glaxo (Société US) ou de Bill Gates qui demandent que les programmes d’aide soient suivis de résultats tangibles. Les mauvais élèves seront sortis du programme d’aide.
  • L’intervention des blancs doit porter sur des domaines ou les africains eux même ne peuvent pas progresser : exemple du dépistage du sida que toutes les femmes refusent. seule une demande des médecins blancs peut débloquer la situation.

 


Seynabou et Radhi les deux matrones de Bassar en compagnie de Thomas, président de VSF. Le point d'eau dans l'enceinte du dispensaire a été financé par VSF.



Marché du dimanche à Mar Lodge
Iba explique à Seb et Max comment pêcher à la crevette
Equipage au complet
Baby sitting pour Alexandra avec Amye (6 mois)


Lever de lune sur Mar Lodj
Coucher de soleil sur une île du saloum
Casiers à crevettes dans le Saloum


Dimanche 25 Novembre

Mouillage à Mar Lodj – Siné Saloum.

Le temps est au beau, chaud et sec

Dernier jour de Thomas et Pierre qui repartent sur Dakar en pirogue et taxi brousse. Leur présence à bord aura été super sympa. Nous avons eu de belles discussions souvent axées sur l’aide humanitaire en Afrique suivies de franches déconnades tous ensemble. Nous nous sommes aussi régalés des bons repas préparés à tour de rôle mais souvent par Pierre, très fin cuisinier.

Le village de Mar Lodj est un poil plus touristique comparé à ce que nous avons vu jusqu’à présent. Quelques campements (lodges) superbes se cachent sous les palmiers le long du fleuve. Nous en profitons : petit restaurant au bord d’une plage de sable blanc (la patron Iba est trop trop sympa !), crevettes du saloum, mérou et carpes rouges péchés du matin, ananas rôti. La belle vie: pas de Cned aujourd’hui, baignades, pêche, sieste sur hamacs, jeux de carte.
Alexandra en profite pour faire du bébé sitting d’enfants sénégalais du campement. Awa (la femme d’Iba) lui installe son bébé de six mois sur son dos, entouré d’un pagne, à l’africaine. Alexandra rayonne.

Mar lodj a aussi une mission catholique, la seule de la région. Nous assistons à la messe au tam tam en langage sérère avec quelques passages en français. Malgré les nombreux chants repris par la chorale et les enfants, l’atmosphère reste sérieuse et un peu plus triste que ce que nous attendions. Les sœurs sénégalaises nous accueillent après la messe et nous font visiter leur petite mission.

 





Messe de la Mission catholique de Mar Lodj
Beaucoup de femmes avec leurs bébés, en tenue traditionnelle
Ma voisine de devant
Sortie de la messe
Visite de la mission catholique avec les soeurs Marie Jeanne et Irene
Seb avec une des soeurs de la mission: 1m59 !


Lundi 26 Novembre


Mar Lodj – Bassar

Nous voilà de retour à Bassar après une journée de navigation tranquille dans les bolongs. Je me fais de mieux en mieux à ce type de navigation. Tout se fait au moteur à petite vitesse (2 à 5 nœuds). Tout doucement quand les fonds remontent à moins de trois mètres. Bien arrondir tous les virages en passant au plus large. Attention aux arrivées d’un autre bras. Attention aux bolongs qui s’élargissent : moins de fond et souvent un banc au centre. Le passage le plus chaud montre 1m50 au sondeur. On serre bien les fesses et normalement ça passe !

Le soir nous fêtons mon anniversaire. Menu de gala : Foie gras, Chorizo Iberico, carpe du saloum du matin à la plancha (pêche royale des enfants), tomates provençales et haricots verts, crumble de mangue préparé par Alexandra à l’aide d’une recette dictée par sa grand-mère au téléphone (merci Mamie pour la recette et le petit mot) le tout arrosé d’un chablis 2005.
J’ai également la surprise de voir débarquer une grande partie de l’équipe VSF avec un beau gâteau préparé pour l’occasion (trop cool Henriette) et une belle bougie de moteur à souffler !


Soirée anniversaire sur Bulle d'O
Visite de l'équipe VSF venue me souhaiter un bon anniversaire

Apéro sur Bulle d'O avec l'équipe VSF
Bulle d'O dans la mangrove


Pirogue ambulance


Mardi 27 Novembre

Mouillage à Bassar – Sine Saloum

La mission médicale de VSF nous a rejoint hier : trois bateaux hébergent l’équipe médicale composée de  deux médecins, un dentiste et son assistante, un opticien, une infirmière, une intendante, un chef de mission et donc 3 skippers.

L’équipe fait le tour des villages des îles du Saloum avec une intervention systématique sur les écoliers (dépistage, prévention, formation), les femmes et les personnes malades. Ces interventions sont encadrées par les infirmiers et les matrones basés dans ces villages. Sur Bassar, la file d’attente est impressionnante. Tous veulent avoir la chance de se faire soigner par les médecins Toubabs.

Les enfants ont participé ce matin à un cours de leur niveau au collège de Bassoul : Alexandra maths en 3ème , Sébastien Histoire en 4ème et Maxime Histoire Géo en 6ème. L’accueil est génial mais l’intégration forcement difficile. L’écart est en effet important : écart en âge (les deux voisines d’Alexandra avaient 18 et 22 ans en 3ème, ceux de Maxime 15 et 16 ans en 6ème!!), écart en niveau de français (tous les cours sont en français bien que la langue parlée par les enfants soit le Sérère, écart enfin bien sûr en niveau de vie.

 


Alexandra en classe de 3ème
Sébastien en 4ème
Maxime en cours d'histoire Géo en 6ème
Nous tous avec le corps professoral du collège


Mercredi 28 Novembre


Mouillage à Bassar – Sine Saloum

Nouvelles discussions passionnantes avec le directeur du collège sur l’avenir de l’Afrique :

« L’exode des Sénégalais en France n’est pas la bonne solution. Il faut fixer les africains en Afrique. La France doit fermer ses frontières. Les Sénégalais doivent comprendre par eux même que la solution est dans l’éducation et la formation.
 La solution réside dans l’enseignement « pratique », un enseignement adapté à l’Afrique axé sur les métiers de base : mécanique, agriculture,  technique, informatique… Les africains se forment aujourd’hui dans la rue faute de pouvoir suivre une formation appropriée »

Au sujet de l’aide humanitaire : « Au lieu de donner du poisson, il faut apprendre à pêcher»
Au sujet des politiques : « ils pensent malheureusement principalement à protéger leurs intérêts » « il faut avoir le courage de dire les choses, d’arrêter de donner. Il faut d’abord boucher les trous »
Beaucoup d’idées intéressantes et que nous ne nous attendions pas à entendre ici !

A notre niveau, le petit support que nous pouvons apporter est dans les contacts que nous établissons avec les enfants et les professeurs du collège, dans les deux semaines que nous passons ici : Assister à quelques cours, organiser des « causeries » (discussions sur un thème précis), apporter des livres pour alimenter leur bibliothèque naissante (tout ce qui peut se lire : dictionnaires, livres scolaires, magazines pour enfants, romans etc.), maintenir une correspondance avec un lycée français. C’est à la fois très peu de chose pour nous mais semble significatif pour eux.

Ce matin nous avons assisté à une « causerie » sur les parasites avec Alix (un des deux médecins de la mission) et les classes de 6ème et 3ème. Qu’est ce qu’un parasite, quels sont les symptômes, les moyens de lutte adaptés aux conditions du Saloum et que faire en cas de maladie ?.

Prochain rendez vous fixé : une séance de musique entre enfants où Maxime viendra avec sa clarinette, Sébastien sa guitare et Alexandra sa flûte (à défaut de piano).


"Causerie" sur les parasites au collège avec Alix, médecin volontaire VSF


Jeudi 29 Novembre

Mouillage à Bassar – Sine Saloum

Radio Bulle d’O

Sébastien, peux tu nous faire un bilan après deux mois de navigation en famille ?

Je trouve le TDA super. J’adore naviguer, pêcher, me baigner, voyager, découvrir, rencontrer les africains, rencontrer des gens qui font comme nous ... et tout ça en famille. Je trouve qu’on profite beaucoup mieux des escales depuis que les travaux sur Bulle d’O sont terminés. La vie en bateau est vraiment très cool.
La découverte de l’Afrique est quelque chose de génial. On rencontre des nouveaux paysages et des modes de vie très différents de ce que l’on connaît. Les sénégalais sont très sympas et accueillants. On a eu l’occasion d’assister à un cours de notre niveau au collège. C’était super de voir comment cela se passe ici. On a en plus échangé notre adresse avec des enfants pour correspondre avec eux.

En tant que premier mousse à la navigation et aux manœuvres, comment trouves-tu Bulle d’O ?

Super ! Bulle d’O est vraiment parfait à naviguer et à vivre. Tous les problèmes techniques sont réglés et tout va bien à bord.
Je m’occupe beaucoup de Bulle d’O et suis toujours prêt à participer aux manœuvres: régler les voiles, virer, empanner, hisser le genaker ou le spi, essayer des combinaisons pour bien avancer (genaker + génois sans GV), lever ou jeter l’ancre, faire des prises de coffre (corps morts), rechercher les meilleurs endroits pour mouiller…  J’aime aussi beaucoup aider papa à entretenir le bateau. On a par exemple trouvé comment protéger le génois qui raguait à l’avant en posant des bouts de tuyaux sur les endroits gênants.

Comment se passe le Cned ?

Les cours se passent très bien, j’ai 3 à 4h par jour. L’absence de professeur ne me manque pas à part pour les langues. Le Cned est plus dur en navigation mais je réussis quand même à travailler.

Quel est ton meilleur souvenir jusqu’à présent ?

Ce sont les navigations. J’aime bien régler le bateau avec papa, faire des quarts de nuit, être en mer en famille, voir les animaux marins et pêcher.
On vu beaucoup de dauphins, de grampus, de poissons volants et on a vu deux requins… J’espère voir des baleines et des globicéphales.
On a aussi beaucoup pêché (à la traîne) : des coryphènes, des thons rouges, un requin, et un autre poisson  sûrement énorme qu’on n’a pas pu voir parce qu’il tirait trop fort et qu’on a du couper la ligne. Je pense que c’était un wahoo (gros barracuda).

La découverte de l’Afrique et l’accueil des villages du Saloum font aussi partie de mes meilleurs souvenirs. J’étais content de retrouver Cholgas, Taugl, Bobola, et Ad Hoc !

Quel est le moins bon ?

Je n’en ai pas spécialement ce deuxième mois. C’est toujours la nav entre Cabrera et Ibiza.


On remonte le fauteuil de dentiste qui a passé deux mois dans les cales de Bulle d'O
Materiel transporté sur Bulle d'O pour VSF


Vendredi 30 Novembre

Mouillage à Bassar – Sine Saloum


La séance de musique à l’école a été super. Une dizaine d’élèves est venue passer une heure avec les enfants et leurs instruments. Chants Africains au son de la clarinette, de la guitare et de la flûte. Un mélange détonnant suivi par une grande partie des élèves qui se massent autour du groupe tout nouvellement formé. Encore un grand moment !

Journée de repos pour l’équipe VSF après deux semaines de soins non stop dans les villages. L’équipe a besoin de se ressourcer.

Nous décidons de prolonger encore un peu notre séjour ici. C’est trop cool ici. Le contact avec les gens est vraiment très sympa. De plus en plus de spontanéité, de liberté dans les échanges et même de complicité. Nous y prenons tous beaucoup de plaisir. Les enfants ont leur copains avec qui ils vont chercher les crabes puis pêcher dans la mangrove. Nous nous prenons d’affection pour les jeunes profs du collège et de l’école primaire, pour la matrone Seynabou, pour les vieux sages de l’arbre à palabre de Bassar…



Samedi 01 Décembre

Mouillage à Bassar – Sine Saloum

Dernière visite au collège et deuxième « causerie » animée par Alix avec les classes de 6ème et 4ème  sur les parasites. J’en profite pour prendre en photo chacune des classes intéressée pour correspondre avec un collège français. Catherine avait déjà préparé le terrain avec le collège de Buc qui nous avait donné un premier retour positif.

Visite de Bassoul et déjeuner au dispensaire avec l’équipe VSF. Le sujet du moment porte sur le rôle de l’équipe VSF et des médecins particulièrement.
Comment orienter leur intervention vers moins de visites de routine et plus de formation/prévention ? Il faudrait arriver à filtrer en amont pour éviter de recevoir autant de monde qui ne vient que pour consuter le toubab sans raison médicale sérieuse.
Cela fait débat dans l’équipe et provoque quelques tensions qui vont, j’en suis sûr, enrichir les missions à venir.

Retour sur Bassar en milieu d’après midi où les professeurs du primaire m’attendent pour un footing. Le footing est en fait un long échauffement tous ensemble en vue d’un match de foot. Immense partie de plaisir, de rigolades que l’on ne terminera qu’avec la tombée de la nuit et le partage d’un thé de l’amitié. C’est  dur de se dire qu’il faut partir demain !



Bassoul
Coucher de soleil sur Choume, un des bateaux VSF


Desserts préparés par Alexandra pour un diner avec nos amis de VSF
Nous sommes tous admiratifs devant les réalisations d'Alexandra


Pélican dans un bolong


Dimanche 02 Décembre

Bon, nous nous décidons finalement à partir poussés par la contrainte du passavant que nous devons renouveler d’ici demain à Ziguinchor alors qu’il y a au moins trois jours pour y arriver. Il y a de fortes chances d’arriver un peu en retard ! Nous saurons expliquer si besoin.

Nous partons à 08H00 du mat avec la marée descendante, suivi de près par Ad Hoc, bateaucopain au tirant d’eau d’1m80. La descente du Bolong de Diogane est superbe mais avec des passages très chauds. Nous maintenons un contact VHF permanant pour annoncer les hauteurs d’eau au « capitaine d’Ad Hoc ». Nous avons la chance d’avoir les traces maxsea d’un bateau VSF de la mission précédente. Malgré ces précautions,  Ad Hoc s’échoue à deux reprises et ne peut s’en sortir que lorsque nous le remorquons. Notre faible tirant d’eau nous sert bien.

Nous arrivons en milieu d’après midi à la pointe de Jackonsa, endroit vraiment superbe. Plage de sable blanc, baobabs somptueux, fromagers et palmiers, la mangrove autour. Des oiseaux en pagaille et même des singes qui se signalent par des sifflements caractéristiques.
L’après midi est consacrée à la baignade, châteaux de sables pour les enfants et ramassage de coques sur les bancs de sable.

Nous aurons le droit à une visite tout à fait inattendue d’une pirogue des douanes venue probablement vérifier que notre passavant était valable jusqu’à demain.


Scène de pêche sur le Diomboss


Bulle d'O et Ad Hoc au mouillage de la pointe Jackonsa
Coucher de soleil sur la pointe Jackonsa


Lundi 03 Décembre

Ça y est. Nous quittons le Siné Saloum. Snif !

Nous avons passé deux semaines vraiment fabuleuses dans cette région du Sénégal. Un grand merci à VSF pour nous avoir aider à donner un petit coup de pouce à ces quelques villages perdus dans le delta du Saloum. Le coup de pouce est plus dans les échanges que l’on a pu avoir avec le collège et l’école primaire que dans le financement d’une cantine. Cela correspond cependant plus aux attentes que nous avons perçues. Les contacts avec les profs et les élèves ont été géniaux. L’accueil a été fantastique.
Nous sommes partis avec des promesses de correspondre avec certains et de belles photos que nous serons heureux de leur faire parvenir.


Claude et Henriette sur Choume, coordinateurs de la mission VSF
Pierre sur Pjuske, bateau VSF
Jeff, corne de brume à la main, et Johnny sur Tiki,
bateau VSF


Ce matin, nous avons pu finir les pleins d’eau douce grâce à notre super déssal qui produit près de 90 litres/heure. Plein du réservoir tribord soit près de 350 litres et plein de nos jerricans. Le réservoir bâbord est lui encore à moitié plein.
On en profite pour faire une bonne lessive ainsi qu’un grand nettoyage intérieur et extérieur. Bulle d’O est en effet couvert d’une pellicule de sable fin et de poussière noire. Nettoyage à coup de sceaux d’eau de mer et d’un bon coup d’éponge. Nous sommes prêts pour reprendre la mer.


Alexandra et la classe de 3ème
Sébastien et la classe de 4ème
Maxime et la classe de 6ème
Max et ses deux "corres"
Avec le prof de CM2 et sa femme. Nous offrons des livres pour initier la bibliothèque
Alexandra et ses trois "corres"