Traversée Las Palmas-Dakar : 6 jours, 6 nuits, 890 Milles



Samedi 10 Novembre


Première journée de navigation en direction de Dakar

Mer belle, très peu de houle
Vent très faible dans l’après midi puis fraîchissant à 20 nœuds en début de nuit.
Cap suivi: 200°. Vent Est/Nord Est. Allure largue. Vitesse : 7 à 8 nœuds.

Nous sommes partis ce matin de Las Palmas pour Dakar. Grande excitation à bord de Bulle d’O. Nous partons pour 850 milles, notre plus grande navigation. Tout l’équipage est fin prêt.

Deux milles après notre départ cependant, une alarme sonore (un bip strident) nous signale que le moteur bâbord n’a tout simplement plus d’huile. Je coupe immédiatement le moteur et me plonge dans la cale moteur pour m’apercevoir que toute l’huile a quitté l’intérieur du moteur pour aller se réfugier dans le fond de cale. Rien de grave à priori, l’alarme a bien fonctionné et nous a évité de flinguer le moteur.
Retour au port, Cath détourne brillamment un mécanicien qui passait par là. Le diagnostique est rapide : ce n’est en fait que le filtre à huile qui devait s’ennuyer depuis notre départ et qui souhaitait que l’on s’occupe de lui. Chose faite immédiatement, il se retrouve au fond de la poubelle du port prévue à cet effet. On change donc le filtre à huile, on refait les pleins et on repart à 13H00.


Carmen et Olivier sur Taugl, le" bateau préhistorique"


L’après midi se passe tranquillement, sans vent, mais avec Carmen et Olivier qui nous accompagnent un petit bout de chemin. Eux reste aux Canaries encore un bon mois.

La soirée arrive rapidement et nous reprenons nos quarts avec un grand plaisir. Nos trois mousses sont en pleine forme et ravis de se diriger vers l’Afrique, vers de nouvelles aventures. Catherine reste encore un peu tendue quand je la réveille à 04H00 du mat. La nuit est bien noire, le vent souffle, les cargos scintillent au loin de temps en temps, la mer parait impressionnante quand on se réveille en pleine nuit. N’est ce pas ma chérie ?






Radio Bulle d’O

 

  Cath, peux tu nous faire un bilan après deux mois de navigation en famille ?

  Le bilan est plus que positif. On a trouvé un très bon rythme ensemble et notre « TDA » se passe super   bien. La joie des enfants fait plaisir à voir. Je  suis très heureuse de notre complicité familiale. 
  Les   tensions sont rares, vite effacées. Nous recherchions avant tout ces moments de partage, cette   harmonie et c’est vraiment un bonheur de le vivre.
  Côté bateau et navigation, tout va de mieux en mieux. Nous prenons confiance en ayant l’impression   d’avoir apprivoisé Bulle d’O, et pouvons mieux nous lancer sans avoir peur de casser. Le seul bémol à   ce bilan est que jusqu’à présent, nous avons peu pu profiter de nos escales à terre. J’aurais aimé aller   à Madère. J’espère vraiment pouvoir désormais prendre plus de temps pour nous imprégner de   l’ambiance des lieux et faire plus de rencontres.

  Comment se passent les navigations de nuit ? Un peu flippant au début?

  Tout dépend des conditions. J’avoue que je ne suis pas fana des quarts les nuits sans lune. Ça fait   toujours une drôle d’impression de débarquer dans le cockpit pas vraiment réveillée à 4 heures du mat en pleine nuit noire et c’est alors doublement impressionnant si on file vite avec une belle houle. Sinon les quarts sont un super moment. Je reste pratiquement toujours dehors et me régale de voir les changements du ciel. J’adore voir le passage d’un ciel plein d’étoiles à tout d’un coup plus rien. Vient ensuite le lever du jour suivi de celui du soleil. C’est magique. Avec un peu de chance à cette heure là, on peut voir des dauphins. Sébastien me rejoint habituellement vers 6 heures. On se régale à partager ces instants ensemble.

Comment gères-tu le suivi du Cned avec les enfants ?

Le CNED est bien présent à bord, ça c’est sûr; mais les enfants ont pris très au sérieux leur travail dès le départ et ça se passe super bien. De là à dire que c’est tranquille non ! Parents exigeants que nous sommes, nous les poussons pas mal à travailler en profondeur.
Je prends beaucoup de plaisir à relire les programmes de 6ème, 4ème, 3ème pour leur faire faire leurs révisions (avec quelques impasses sur certaines matières…)
Grâce à notre voyage, les enfants prennent conscience de l’importance de bien parler les langues étrangères et grâce à nos séries de travaux sur Bulle d’O, Alex et Seb ont un magnifique champ opératoire pour appliquer leurs cours de techno et physique. Les voltmètres, pinces crocodiles et circuits électriques n’ont plus de secret pour eux !

Et le confort à bord ?

De ce côté-là, on est vraiment gâtés. Bulle d’O est un bateau spacieux et confortable. On a tout ce qu’il nous faut. Quoique….j’aimerais bien une penderie de plus pour mettre tous mes cadeaux d’anniversaire !

Bref c’est le pied ?

Total… et on en profite

Quel est ton meilleur souvenir jusqu’à présent ?

Je n’ai pas vraiment en tête un événement marquant mais plutôt plusieurs occasions super sympas comme la joie des enfants à organiser ma soirée d’anniversaire avec Bertrand. Ils étaient vraiment touchants. Il faut dire aussi que le chef d’orchestre était bon !
Je pense aussi au passage de Gibraltar, une vraie étape dans mon esprit, aux moments d’échanges avec les autres bateaux et aux personnalités que nous rencontrons sur notre route comme Robert et Gil

Quel est le moment le plus difficile que tu as rencontré ?

J’ai bien flippé sur un empannage rendu plus rapide que prévu par une bascule de vent. Je suis restée scotchée sur place à ne pas savoir que faire persuadée que j’allais tout casser. Par chance, la retenue de baume a fait son boulot et Bertrand est arrivé mais ça fait partie des expériences bof, bof…


Cath a décidé d'ouvrir un salon de coiffure à notre retour et de laisser tomber HEC....
Mais non, je blague Richard!


Dimanche 11 Novembre


Deuxième journée en mer en direction de Dakar. 170 milles parcourus sur les premières 24 heures soit un peu plus de 7 nœuds de moyenne.
Vent 15 nœuds puis 5 à 10 nœuds dans l’après midi, secteur Nord Est puis Est, mer belle.

10H00
Nous sommes décidemment beaucoup plus à l’aise avec Bulle d’O. Nous naviguons désormais avec la GV entièrement hissée et le gennaker (grand génois de 120 m² sur bout dehors). Le vent a faibli légèrement et se stabilise à 12 nœuds réels et 10 nœuds apparents. Nous filons à 7 nœuds avec vent de travers ce que Bulle d’O préfère. Nous sommes en confiance mais toujours très attentifs et vigilants.

15H00
Le vent est tombé sous les 10 nœuds. Nous mettons les moteurs pour maintenir nos chances d’arriver dans les clous à Dakar. Le soleil chauffe.
Catherine me coupe les cheveux au soleil, Alexandra et Seb travaillent, Max bouquine à l’ombre.

Minuit
Alexandra a étendu son quart pour me laisser dormir jusqu’à minuit. Elle est trop contente quand elle peut me laisser dormir. Elle m’a ensuite accompagné une bonne demi heure avant d’aller se coucher. Courageuse.
Le vent revient un peu. Je coupe les moteurs et remets le génois. Tout est calme. Le ciel est incroyable. Le pont est complètement trempé de l’humidité de la nuit.

Quatre heures
Cargo qui passe à moins d’un mille.
Catherine se réveille peu de temps après. Nous faisons un débriefing ensemble : as-tu bien dormi ? Comment cela se passe t il ? Le vent, le cap, les cargos ? Allez va te coucher, c’est mon tour.


Installation d'un filet à légumes


Lundi 12 Novembre


Troisième journée en mer. 115 milles parcourus sur les dernières 24 heures.

Vent 10 nœuds de secteur Est. Baromètre en baisse (1014 Hp). GV + gennaker de jour et génois de nuit. Mer belle. Nuit très très humide, le pont est complètement trempé et la visibilité est réduite. Les quarts de nuit sont plus difficiles dans une ambiance moite.

Petit événement aujourd’hui avec la visite d’un requin le long de l’étrave de Bulle d’O. Il se laissait dériver tranquillement, nous aperçoit et d’un coup de queue énergique s’enfuit. La nuit est, elle, animée par des hordes de dauphins qui nous suivent pendant plusieurs heures et par deux formes fluorescentes gigantesques qui passent à proximité de Bulle d’O sans que l’on ait pu réellement définir ce que c’est. Baleine?

Les séances que nous appelons désormais « palabre » ont pris beaucoup d’importance dans notre vie à bord. Tous les jours pendant l’apéro, nous faisons ensemble une revue des commentaires, propositions et impressions de chacun. Tour à tour, nous nous attribuons des félicitations, encouragements, avertissements ou blâmes sur l’un d’entre nous ou sur tel ou tel événement de la journée. Cela permet à chacun de s’exprimer, de formuler ce qu’il a ressenti pendant sa journée et éventuellement d’expliquer sa réaction, son agacement ou sa joie. Les enfants adorent ce moment. Ils sont de plus en plus loquaces et s’expriment de mieux en mieux. Un modérateur (que nous appelons président) est nommé chaque jour en fonction des envies de chacun. Son rôle est d’organiser et de rythmer la « palabre ».

Hier par exemple Maxime et Alexandra ont eu des félicitations de Catherine sur leur attitude face au Cned, Sébastien une félicitation de ma part pour son support dans les manœuvres du bord, Maxime et Sébastien un encouragement d’Alexandra pour maintenir leur effort sur la pêche malgré les résultats décevants du moment (pas un poisson dans les eaux les plus poissonneuses du monde….), Cath un remerciement de Maxime pour l’avoir aidé pour son Cned et j’ai eu le droit à des félicitations de l’équipage pour la conduite de Bulle d’O et la gestion des problèmes. Pas d’avertissement ou de blâme !. L’ambiance à bord est au beau fixe. Il ne manque qu’un peu de vent !


Les 3 mousses dans la baume
Navigation tranquille
Essai avec Genoi + genaker + GV. Sans vent cela n'avance pas beaucoup plus


Mardi 13 Novembre


Quatrième journée en mer. 135 milles parcourus sur les dernières 24 heures (420 Milles depuis Las Palmas. Il en reste autant pour Dakar). Vent toujours très faible 5 à 10 nœuds de secteur Est Nord Est. Navigation au moteur une bonne partie de la journée (1500T/M) puis avec GV + Gennaker à partir de 15H00 avec le vent qui fraîchit.

13H00
Pas de vent. Le soleil brûle. Déjeuner avec une salade de riz copieusement garnie.

15H00
Bulle d’O file à plus de 8 nœuds sous son beau gennaker, ravi de voir le retour du vent. Nous sommes à 140° par rapport au vent et 13 nœuds de vent apparent.

16H00
La ligne de traîne est soudain devenue folle. Impossible de la remonter. Sébastien lève la tête et aperçoit en bout de ligne un gros poisson qui se débat. C’est un requin ! Excitation à bord. Maxime saute de joie. Il n’en revient pas. Nous l’observons se débattre. Il se tord, saute en l’air, se bat contre cette ligne qui l’entraîne à plus de 8 nœuds. Je décide de le fatiguer et de ne pas le remonter tout de suite. Cela serait de toute manière très difficile. Ultime saut du poisson. La ligne s’est cassée. Désolé Guy, le poulpe que tu nous avais gentiment préparé a fini dans la gueule d’un requin au large de la Mauritanie !

Une prise inattendue: Un requin qui finira par se liberer après une rude bataille qui durera près de 10 minutes

19h00
Avec la tombée de la nuit, nous enroulons le gennaker et déroulons le génois. Alexandra prépare le dîner. Au menu ce soir des pizzas. 

21H00
La nuit est tombée depuis maintenant deux heures et les dauphins reviennent faire leurs ballets phosphorescents autours de Bulle d’O.
Il y a en a plusieurs dizaines.
Je laisse les consignes et pars dormir dans le carré laissant Maxime et Alexandra faire leur quart.

Minuit
Alexandra part se coucher. Elle a encore bien prolongé son quart. J’ai beaucoup de mal à émerger. J’avale une barre de Frosties et c’est parti.

00H30
Nous avons passé le Cap Blanc et le banc d’Arguin. Petite pensée toute spéciale pour Adeline et François. 
Je lofe de 10 degrés afin d’avoir une route plus directe. Le génois a du mal à trouver sa position. Je le remets en ciseau. Il est en effet trop déventé par la GV avec un angle supérieur à 140° du vent.

01H35
La poulie de l’écoute de GV rague énormément contre celle de la retenue de baume. Je rallonge l’une des deux avec une manille en spectra afin d’éviter l’usure intensive.

02H10
Un Cargo nous dépasse sur notre tribord à plusieurs milles. C’est le premier de la soirée.

02H30
Le vent se maintient à plus de 15 nœuds. Enfin une nuit avec un peu de vent. J’espère que ce régime va se maintenir jusqu’à Dakar. Nous avons un cap plein sud avec un courant contraire d’un peu moins d’un nœud.

03H00
Le vent mollit à moins de 15 nœuds. Bulle d’O se la coule douce.

04H00
RAS. Je vais réveiller Cath.


Seb devant le Genaker
Gestion de l'eau à Bord. Remplissage du reservoir tribord à partir de l'eau produite par le déssal. Le reservoir babord est lui directement approvisionné par le dessal.



Mercredi 14  Novembre


Cinquième jour de navigation. 145 Milles sur les dernières 24 heures.

Le vent s’est maintenu à 15 nœuds en Est Nord Est. La mer s’est un peu formée. Le temps est clair. Le baromètre est remonté à 1017 Hp. L’humidité de la nuit a quasi disparue.
Bulle d’O avance tranquillement toutes voiles dehors a 6 nœuds, cap 180°. Nous sommes ce soir minuit à 240 milles de Dakar.

L’activité de la journée aura été la pêche. Deux dorades coryphènes dont une qui nous échappe à quelques mètres du bateau. Maxime est partagé entre l’euphorie et la déception. Il reste encore sous le choc de la prise manquée du requin d’hier.


Pêche manquée: La coryphène la gueule grande ouverte et le poulpe bleu devant


L'équipe de pêche fière de sa coryphène du jour


Nous recevons de nombreux SMS sur le téléphone satellite. Cela nous fait vraiment super plaisir de nous savoir suivis comme cela.
Ces SMS sont envoyés par email à l’adresse 881631618230@msg.iridium.com

Quelques astuces pour qu’ils passent bien : il faut éviter de mettre un objet et tous les caractères spéciaux au français (accents, ç …).
Le message doit contenir 140 caractères max (en tenant compte des espaces). Les autres ne seront pas réceptionnés.

Un merci tout spécial à l’équipe HEC qui suit Catherine avec assiduité (Catherine, tu nous manques !!!) ainsi qu’à la communauté Sodexho en Europe. Je pense particulièrement à un message d’Anthony et Allan (Sodexho UK) qui nous suivent depuis Manchester et qui ont déchiffré en français la manière de nous envoyer ces messages (leur message est sympa : Following your progress with great interest. How are you getting back ? Good luck.).

Emmanuelle et Bernard nous signalent que leur frère Pierre qui court la transat Jacques Vabre est 100 milles dernière nous. En dehors de Gitana II que nous avons croisé à Las Palmas nous n’avons vu aucun autre bateau de course. Nous restons attentifs tout de même. Ils sont encore derrière nous. Pas pour longtemps.


Coucher de soleil au large de la Mauritanie


Poisson volant: il y en a par dizaines qui s'envolent sur notre passage

même en plein atlantique, on est accompagné


 

Radio Bulle d’O

Maxime, peux tu nous faire un bilan après deux mois de navigation en famille ?

Je trouve que c’était super même si il y a eu un peu de déception avec la pêche surtout le jour où l’on a traîné un requin pendant 10 min et que ça a laché !!!  Incroyable non ?
Sinon c’est super le TDA. Pendant la nav entre Les Canaries et Dakar on a sorti le gennaker pour la 1er fois. Papa et Seb se débrouillent comme des chefs !!!  

La vie sur Bulle d’O te plaît elle ?

Oui la vie est cool sur Bulle-d’o en plus maintenant on a rencontré les Bobola et ça nous fait des amis !

En tant que premier mousse pour la pêche, comment te débrouilles tu ?

Pas mal pas mal mais on va bientôt se venger du requin qui nous a nargué. Il était tellement lourd qu’on arrivait pas a ferrer (tirer pour enfoncer l’hameçon) Mais finalement il a tout mangé ! Seb, après la dorade qu’il a remontée qui lui a fait mal au  bras, je pense qu’il va remonter des plus petits ! Le dernier jour de nav, le frein de la canne a grincé pour nous prévenir qu’il y avait un poisson et on a dut couper le fil. La canne, a cassé sous le choc. Heureusement, on peut encore s’en servir. On pense que c’était soit un dauphin (on était en train de les admirer quand ça c’est passé) soit un marlin blanc.

Comment se passe le Cned ?

Ça se passe très bien. Là j’en suis à la série 4 et j’ai déjà commencé les contrôles ! Je travaille tous les matins soit tout seul soit avec maman. On a fixé un emploi du temps et un planning des devoirs à rendre. Je trouve que les livres sont bien faits et bien organisés.

Quel est ton meilleur souvenir jusqu’à présent ?

Houlà j’en ai beaucoup ! commençons par la pêche. après, il y a quand on a rencontré les Bobola super sympa !!! Ce sont eux qui nous ont appris tout sur la pêche !!! ce sont mes meilleurs souvenirs 

Quel est le moins bon ?

Mon moins bon souvenir est quand Papa  s’est fait piqué par une vive et qu’il est rentré avec Maman. Il criait comme un fou tellement il avait mal. Après il est allé à l’hôpital avec Seb et Maman pendant que Alex et moi on se faisait un sang d’encre ! 


Oiseau de mer qui nous accompagne et surveille de près notre pêche


Jeudi 15  Novembre


Sixième jour de navigation. 165 Milles parcourus sur les dernières 24 heures.
A minuit nous ne sommes plus qu’à 95 milles de Dakar.
Le vent s’est maintenu à 15 nœuds toujours en Est Nord Est puis Nord ce soir. Le temps a franchement viré au beau et chaud. L’océan s’est lui aussi considérablement réchauffé. La nuit est beaucoup plus agréable.
Les eaux les plus poissonneuses du monde continuent de justifier leur réputation. Pêche du jour: un Thon rouge, un poisson volant qui s’est posé sur le pont. Tôt ce matin, nous avons manqué une superbe coryphène sûrement trop grosse, qui tirait beaucoup trop. Le fil a cassé. Nous allons nous réapprovisionner en matériel de pêche à Dakar.


La pêche du jour: un thon rouge

seb en train de remonter une coryphène au petit matin

L'équipe de pêche a trouvé ce matin un poisson volant échoué sur le pont



Alexandra qui se reveille doucement et tranquillement


Vendredi 16  Novembre
Arrivée à Dakar




        Radio Bulle d’O

Captain, quel est ton bilan de ces deux derniers mois sur Bulle d’O ?

C’est fantastique. Enormément de plaisir et d’enrichissement pour nous cinq. L’aventure se vit pleinement en famille et nous permet de partager des moments très forts. Les enfants se régalent, sont épanouis comme jamais et vivent les yeux grands ouverts. C’est une immense satisfaction pour nous. Les navigations sont un réel bonheur, avec le coté découverte, apprentissage, progression et un peu d’appréhension pour pimenter le tout. Nous avons franchi un cap important ce mois ci avec la résolution de la plupart des problèmes techniques et mécaniques que nous avons rencontrés lors des premières navigations. Vu notre expérience très limitée dans ces domaines, ce n’était pas gagné d’avance.
Il y a enfin le plaisir des rencontres et des découvertes. Rencontres de personnes que nous n’aurions jamais eu la chance de côtoyer sans cette aventure et découvertes des arrivées à la voile dans des endroits superbes…

Comment se passe ta vie de capitaine de bord ?

Impec. L’apprentissage continue mais je me sens beaucoup plus serein maintenant. Je n’ai jamais été réellement fébrile mais je partais tout de même avec beaucoup de choses à assimiler et découvrir. Il en reste évidemment énormément mais on avance. Nous sommes tous bien plus à l’écoute de Bulle d’O et nous pouvons maintenant mieux anticiper et donc mieux gérer notre « barque »,

Le monde de l’entreprise te manque t- il ?

La réponse facile serait de dire « pas du tout », mais ce n’est pas le cas. J’ai beaucoup de plaisir à rester en contact avec les équipes Sodexho en France et en Europe. De nombreuses personnes nous suivent via notre site et nous recevons en retour des nouvelles régulièrement. C’est très cool.
Les parallèles entre le monde de la voile et celui de l’entreprise sont d’ailleurs nombreux. Il me semble que la plupart des qualités nécessaires dans le rôle de skipper sont aussi celle d’un bon manager : capacité à s’adapter à l’environnement (essentiel en mer ou l’environnement est de toutes les manières le plus fort), anticipation (prendre la météo au moment d’appareiller est mieux que pas du tout mais déjà trop tard), persévérance (la solution n’est pas toujours évidente à trouver mais elle existe bien), clairvoyance (même quand ça souffle et que l’on a peu dormi, il faut prendre les bonnes décisions) et sens des responsabilités (en mer, on ne peut pas y couper).

Comment te prépares-tu à la transat ?

Les navigations que nous avons faites jusqu’à présent nous y préparent parfaitement en étant crescendos dans la durée : 2 jours pour aller aux Baléares, 3 des Baléares à Gibraltar, 4 de Gib aux Canaries et 6 maintenant pour aller jusqu’à Dakar) et avons consacré beaucoup de temps à la résolution des problèmes et la préparation du bateau. L’équipage en a profité pour s’amariner et pour apprendre à gérer les essentiels : navigation, météo, communication, gestion des quarts, vie à bord.

Quel est ton meilleur souvenir jusqu’à présent ?

Toutes les longues navigations avec les quarts de nuits, la pêche, les manœuvres, les clairs de lune, les dauphins, les siestes au soleil…  . Elles sont parfois difficiles parce que fatigantes et pas toujours confortables, mais que de sensations partagées. Plus on se rapproche du but, plus nous l’attendons avec impatience. L’arrivée est alors une fête, une sorte de victoire collective  et pourtant, une fois arrivé, on n’attend qu’une chose, c’est que ça recommence. Alors, on se prépare à repartir et on fête le départ…

Quel est le moins bon ?

A Ibiza puis à Gibraltar, le sentiment d’impuissance devant l’accumulation des problèmes rencontrés. Trop nombreux et trop peu de solutions. Et mince, comment va-t-on régler tout ça ?
Puis à force de cogiter, de chercher, d’écouter, de solliciter les copains, on finit petit à petit par trouver les solutions.



Un tanker croisé au lever du soleil Mauritannien